Mi-mars, des informations convergentes commençaient à filtrer depuis l’intérieur du groupe. En effet, une réduction d’effectifs à hauteur de 20% était sur la table. Rapporté aux 79 000 employés recensés à fin 2025, le scénario représentait entre 15 800 et 16 000 suppressions. La direction avait bien tenté de minimiser en évoquant des scénarios théoriques et un article spéculatif. Deux semaines plus tard, les mêmes sources précisaient une date, le 20 mai.

Ce jour-là, une première vague doit frapper environ 10% des effectifs, soit près de 8 000 personnes. D’autres suppressions sont attendues au second semestre, dont les contours restent flous. Ce qui est certain, par contre, c’est que Meta n’improvise pas. La préparation est méthodique, les cadres ont été briefés en amont et plusieurs divisions ont déjà reçu la consigne de faire travailler leurs équipes à distance.

La facture de l’IA à l’origine des suppressions ?

Meta a annoncé des investissements dans les infrastructures en lien avec l’intelligence artificielle et les centres de données qui se comptent en dizaines de milliards de dollars pour 2025 et 2026. Pour financer cette montée en puissance technologique sans sacrifier les marges, il faut alléger la masse salariale.

En 2022/2023, Zuckerberg avait supprimé plus de 21 000 postes en deux temps en rebaptisant cette purge, l’année de l’efficacité avec un aplomb qui avait fait jaser. En janvier 2025, une nouvelle vague (3 600 emplois cette fois) avait visé les moins performants. Les cycles suivent le même schéma, une annonce adoucie par un vocabulaire managérial soigné, suivie d’une rapide exécution.

Meta annonçait le licenciement d’environ 700 salariés le même jour où des documents déposés auprès de la SEC révélaient un programme de rémunération pour six hauts cadres susceptible d’atteindre 921 millions de dollars chacun sur cinq ans.

Une transformation accélérée

Reality Labs, la division métavers qui a englouti plus de 77 milliards de dollars depuis sa création sans jamais atteindre la rentabilité a déjà perdu des milliers de postes en janvier. Ce n’était qu’un avant-goût. La priorité affichée de Meta est désormais claire, l’IA générative, les lunettes connectées ainsi que le modèle publicitaire alimenté par des algorithmes de plus en plus autonomes.

Le cycle semble tout à fait normal. Meta licencie puis réinvestit dans l’IA et voit son action grimper. L’entreprise recommence ensuite le même concept. De nombreuses personnes ont également tendance à penser que l’IA est souvent utilisée comme un faux argument pour motiver des licenciements.