Le gouvernement de Taïwan a fait savoir le 17 décembre que Foxconn risquait une amende pour un investissement non autorisé dans Tsinghua Unigroup, un fabricant chinois de semi-conducteurs. L’Île, premier producteur mondial de puces, redoute particulièrement les vols technologiques venus de Chine.

C’est au cours de l’été que le premier fournisseur d’Apple a révélé faire partie de l’actionnariat de Tsinghua Unigroup. L’entreprise, originaire de Taïwan, affecté par la pénurie de semi-conducteurs, lorgne depuis plusieurs mois sur ce secteur, notamment pour la fabrication de puces destinées aux véhicules électriques.

Taïwan protège son industrie de semi-conducteurs comme la prunelle de ses yeux

Il se trouve que la question des semi-conducteurs est extrêmement sensible à Taïwan. Il est de coutume de dire que l’île est protégée de son menaçant voisin chinois par un bouclier de silicium. L’avance des entreprises taïwanaises dans la fabrication de puces serait une protection contre les velléités d’invasion de Pékin.

Cela explique que Taipei ait décidé de renforcer les mesures et lois contre le vol de technologies et qu’une grosse attention est portée au sujet. Les géants de l’industrie n’ont, par exemple, pas le droit de construire de fabriques de puces avancées en Chine, pour éviter tout transfert de technologie.

Foxconn, qui a annoncé avoir vendu ses parts de Tsinghua Unigroup le 16 décembre, devrait tout de même en subir les conséquences. Le fabricant d’iPhone n’a pas reçu l’autorisation de la commission des investissements du ministère de l’Économie pour son opération. Un passage pourtant obligé. Il a dû s’en justifier ce 18 décembre.

Selon une déclaration rapportée par Reuters, l’entreprise ne devrait pas éviter l’amende, « Même si l'investissement a été retiré par la suite, le fait est déjà établi qu'ils ont investi d’abord et qu'ils seront sanctionnés ». Selon l’agence de presse, l’amende pourrait s’élever jusqu’à 25 millions de nouveaux dollars taïwanais, soit environ 765 000 euros.