L’Union européenne a un train de retard dans le domaine des semi-conducteurs et des puces électroniques, indispensables à l’électronique moderne. 13 pays, dont la France, ont émis le souhait, le 7 décembre, de le combler via une politique commune d’investissement. L’objectif est de mettre un frein à la dépendance de l’Union aux États-Unis et aux pays asiatiques.

Le marché mondial des semi-conducteurs est évalué à 440 milliards d’euros

Après les investissements américains dans l’industrie des semi-conducteurs en juin 2020, la mise en place d’une stratégie nationale en Chine récemment, c’est au tour de plusieurs pays européens de s’intéresser à un secteur « central dans la compétitivité industrielle ». Dans une annonce commune relayée par Reuters, 13 pays de l’UE dont la France, l’Allemagne, l’Italie ont expliqué avoir « besoin de renforcer la capacité de l’Europe à développer les processeurs et semi-conducteurs de prochaine génération ».

Les semi-conducteurs, comme le silicium, sont notamment utilisés pour fabriquer des circuits intégrés, des puces, qui permettent de faire fonctionner l’électronique moderne : téléphones portables, mais aussi et de façon très large les équipements connectés à internet.

L’Europe représente 10% du marché mondial des semi-conducteurs, évalué à 440 milliards d’euros. Pour le moment la plupart des puces utilisées viennent essentiellement des États-Unis et d’Asie. Le but serait « d’établir des capacités européennes avancées dans la conception et la production de puces » afin de réduire la dépendance à l’étranger, ressenties pendant la pandémie et sécuriser les technologies électroniques, développe l’annonce.

Le commissaire européen Thierry Breton enthousiaste

Pour se donner les moyens de parvenir à cet objectif, les 13 états signataires proposent de mettre en place une « future alliance industrielle ». Ils appellent les autres pays de l’UE à les rejoindre pour « mettre en commun des investissements et coordonner les actions des acteurs publics et privés ». Concrètement, ils veulent utiliser 20% des fonds du plan de relance européen mis en place pour contrer les conséquences économiques de la pandémie, environ 145 milliards d’euros, pour financer le projet.

Thierry Breton, commissaire européen du Marché intérieur et du Numérique, s’est montré enthousiaste face à cette initiative, il a déclaré au travers d’un communiqué, « Une approche collective peut nous aider à tirer parti de nos forces et à saisir de nouvelles opportunités alors que les puces électroniques avancées sont de plus en plus importantes pour la souveraineté numérique de l'Europe et sa stratégie industrielle ». Pour lui l’annonce fait figure de « bond en avant important » pour la future indépendance technologique européenne.