IBM a publié le 15 septembre 2020 une feuille de route dévoilant ses projets de développement en informatique quantique. Cette roadmap l’amène jusqu’en 2023, où son processeur quantique devrait dépasser les 1000 qubits, quand il n’en comptait que 27 en 2019. Le géant de l’informatique ne cache pas non plus une réalité où l’on dépasserait le million de qubits pour certains appareils.

C’est la première fois que IBM publie une feuille de route anticipant les performances de son matériel d’informatique quantique. C’est d’autant plus impressionnant lorsqu’on observe la croissance du nombre de qubits. Ainsi, son tout dernier processeur, Hummingbird, sorti en 2020, table déjà à 65 qubits. Le prochain, baptisé Eagle, devrait atteindre les 127 qubits. Il laissera sa place à Osprey et ses 433 qubits, remplacé par Condo, et ses 1 121 qubits.

Infographie présentant les diverses étapes d'IBM pour arriver à dépasser les 1000 qubits en 2023

L’avancée de la feuille de route publiée par IBM, de 2019 à 2023 et après. Source : StoryTK / IBM.

De telles performances ne seront pas atteintes les bras croisés. Pour y arriver, IBM a construit un tout nouveau réfrigérateur à dilution qui sera capable d’accueillir ces nouveaux processeurs quantiques. D’ailleurs ces derniers vont également bénéficier d’innovations. Leur conception devrait, pour faire simple, s’apparenter aux processeurs multi-coeur que l’on retrouve dans nos ordinateurs aujourd’hui.

Dans un échange avec TechCrunch Dario Gil, directeur de la recherche chez IBM, a expliqué que la publication de cette roadmap était réfléchie. « Si vous regardez la différence entre ce qu’il faut pour bâtir une industrie et faire un projet ou des expériences scientifiques et faire avancer un domaine, nous avons eu une philosophie voulant que ce que nous devions faire, c’était de bâtir une équipe qui faisait bien trois choses, en termes de cultures qui doivent se rejoindre. Et c’était une culture de la science, une culture de la feuille de route, et une culture de l’agilité, » précise-t-il.

Ainsi, on en déduit que IBM souhaite se placer comme un moteur de cette industrie naissante, et non pas comme un centre de recherche, comme ça peut être le cas chez des concurrents, comme Intel. Un positionnement cohérent, avec des ambitions clairement affichées. Il n’y a plus qu’à se donner rendez-vous en 2021 pour la sortie du processeur Eagle. En attendant, cette annonce devrait ravir le ministère de l’Énergie américain qui a lancé un vaste projet pour développer un internet quantique au sur l’ensemble du pays.