L’Australie souhaite que les géants du numérique rémunèrent les médias pour la mise en avant de leurs contenus. Sans surprise, ces derniers sont contre cette réforme et le font savoir. Dans un billet de blog posté le 31 août, Facebook a affirmé qu’il arrêterait tout bonnement de partager des news sur sa plateforme en Australie si le gouvernement ne faisait pas marche arrière…

Après Google, Facebook hausse le ton

La démarche de l’Australie vise notamment à plus de transparence entre Facebook, Google et les médias de son pays qui connaissent d’importantes difficultés financières. Elle obligerait ainsi les deux géants du Web à payer les journalistes pour leur travail mis en avant sur leurs deux plateformes respectives. Pour faire appliquer cela, le pays est en passe de présenter un nouveau code de conduite au Parlement, ce dernier obligerait par exemple les deux entreprises à divulguer leurs prochaines modifications sur leurs algorithmes dédiés à la diffusion de contenu, en plus de la rémunération.

Facebook et Google ne voient pas du tout ce code d’un bon œil. Récemment, la firme de Mountain View s’est directement adressée aux Australiens en leur affirmant que la nouvelle réglementation allait directement nuire au peuple. C’est désormais au tour de Facebook de hausser le ton. Si le réseau social avait déjà fait savoir qu’il refusait de rémunérer les médias, il va maintenant beaucoup plus loin :

« En supposant que ce projet de code devienne une loi, nous cesserons à contrecœur d’autoriser les éditeurs et les Australiens à partager des informations locales et internationales sur Facebook et Instagram. Ce n’est pas notre premier choix – c’est notre dernier. Mais c’est la seule façon de nous protéger contre un résultat qui défie la logique et qui nuira, et non aidera, à la vitalité à long terme du secteur australien de l’information et des médias ».

Réel intérêt pour le peuple… ou mauvaise foi ?

Pour le réseau social, l’ACCC, agence gouvernementale australienne chargée de protéger les consommateurs et de combattre l’anti-compétitivité, ignore tout des mécanismes d’Internet et se trompe de cible. Facebook affirme ainsi que les médias profitent largement plus de la situation actuelle que sa plateforme, et que ce sont eux qui choisissent d’y mettre en avant leur contenu, et pas l’inverse. Autre argument présenté dans le billet de blog : le projet du gouvernement australien mettrait en danger la démocratie dans le pays puisque l’accès aux informations y joue un rôle essentiel.

Comme le note TechCrunch toutefois, cela prouve la mauvaise foi de Facebook qui souhaite surtout préserver ses intérêts, et qui, on le rappelle, a longtemps refusé de supprimer des contenus mensongers sur sa plateforme au nom de la liberté d’expression (au risque de mettre en danger la démocratie). Si le réseau social cessait effectivement de partager des informations sur sa plateforme, il se pourrait que les fake news y prolifèrent. Dans le contexte sanitaire actuel, cela représenterait un danger direct pour la population ainsi que pour… la démocratie.

De son côté, le gouvernement déplore le comportement des géants du numérique et n’envisage pour le moment aucun retour en arrière. Cependant, une telle menace va probablement faire réfléchir les députés chargés de débattre sur le texte.