Depuis des années, la communauté scientifique est confrontée à un problème de taille : le formatage automatique du logiciel Excel interprète et transforme les noms de certains gènes humains en dates. Résultat, un vaste chaos qui laisse place à de nombreuses données faussées et de multiples erreurs. Pour venir à bout de ce problème majeur, le comité de nomenclature du génome a tout bonnement décidé de changer les noms de certains gènes, révèle The Verge.

Excel à l’origine d’erreurs scientifiques

Dans le domaine des sciences, Excel est un outil précieux qui permet de conserver, ranger et recroiser des données entre elles. Seulement voilà, le logiciel développé par Microsoft posait un problème de taille pour les généticiens : certains noms de gènes humains étaient interprétés par le formatage automatique comme étant des dates. C’est le cas par exemple pour Membrane Associated Ring-CH-Type Finger 1, communément écrit MARCH1, qui était automatiquement reconnu par le tableur comme étant la date du 1er mars.

Une seule solution alors pour les scientifiques : corriger manuellement les cases concernées. Un travail long et fastidieux, qui laissait place à de nombreuses erreurs. Dans une étude datant de 2016, 3 597 articles contenant des données génétiques ont été analysés, et le résultat ne s’est pas fait attendre : un cinquième d’entre eux a été affecté par des erreurs d’Excel.

La communauté scientifique plie et renomme les gènes humains

Face à cette situation, le comité de nomenclature du génome (HGNC) a décidé d’agir en changeant le nom de 27 gènes humains différents. Une décision prise l’année dernière, et qui fait surface aujourd’hui. Ainsi, MARCH1 est devenu MARCHF1, quand SEPT1, qui était reconnu par le tableur comme étant le 1er septembre, est devenu SEPTIN1.

La question se pose tout de même : comment peut-il être plus facile de changer les noms de gènes humains que de mettre à jour un « simple » logiciel ? Eh bien, la réponse réside sûrement dans le fait que Microsoft n’avait pas grand chose à y gagner et qu’il ne considérait sûrement pas ce problème comme une urgence puisque les données génétiques représentent « un cas d’utilisation assez limité » pour Excel, comme le souligne Elspeth Bruford, coordinatrice au HGNC.