Le président Donald Trump a signé un décret arrêtant temporairement les visas de travail comme le programme de visa H-1B pour les travailleurs hautement qualifiés. Cette nouvelle disposition coupe ainsi une source essentielle de main-d'œuvre étrangère pour les entreprises technologiques. La décision arrive au pire moment pour un secteur qui se plaint déjà de ne pas disposer d’assez de travailleurs compétents, et touché par la crise pandémique.

Une décision censée protéger les emplois américains

Publiée dans le Wall Street Journal, cette déclaration de Trump met en avant l’importance de protéger les travailleurs américains contre le chômage. Le problème est que le secteur des hautes technologies ne voit pas cette décision d’un bon œil. Selon les dirigeants de ces sociétés, la restriction pénaliserait plusieurs acteurs qui fournissent pourtant des services indispensables (la livraison) durant la crise pandémique.

En raison de ce gel de visas H-1B, plusieurs firmes seraient donc obligées de délocaliser une partie de leurs activités. Aux États-Unis, cela profiterait aux citoyens américains, mais au détriment du personnel expatrié. Quoi qu’il en soit, le décret de Trump ne touchera pas les détenteurs de visas déjà basés sur le sol américain et ceux qui ont déjà reçu les leurs. Cette mesure serait valable jusqu’à fin 2020.

L’économie américaine mise à mal

Suite à la mise en vigueur du décret, les firmes de hautes technologies pointent du doigt le président Trump qui est accusé d'être motivé par des raisons purement politiques (les élections en novembre). Le mécontentement se fait davantage sentir puisque les autres secteurs semblent exemptés de ce gel. La pénurie de talents est, selon les dirigeants, un problème sérieux pour l’avenir des entreprises. Le principal impact serait plus évident au niveau des performances.

Cette décision serait perçue comme un coup d’arrêt à l’innovation américaine. L’objectif de Trump est, certes, louable, mais la façon de faire est fortement critiquée pour le moment. Selon les « victimes », « les travailleurs invités sont nécessaires pour stimuler les entreprises américaines, pas pour prendre des emplois américains ».

La prise de décision de Donald Trump à l’approche des élections de novembre n’arrange pas les choses. En effet, le fait d’avoir gelé uniquement les visas H-1B a encouragé les entreprises de tout un secteur à s’insurger. Jusqu’à nouvel ordre, cette décision sera valable jusqu’en fin d’année. D’ici là, les performances de ces firmes seront à suivre de près pour voir si les inquiétudes des hautes responsables sont justifiées.