Le bitcoin a clôturé l’année avec une hausse record de 300% sur l’année 2020. Le samedi 2 janvier 2021, au plus haut, il a précisément atteint 33 099 dollars, ce qui a scotché Wall Street. D’après CNBC, une des plus grandes banques d’investissement américaines, JP Morgan, estime que ce n’est que le début.

Dans une note diffusée le 4 janvier 2020, la holding financière JP Morgan estime qu’à long terme, le prix du bitcoin pourrait atteindre 146 000 dollars. Elle met en avant que cette avancée vient de la concurrence de la cryptomonnaie sur l’or, qui se positionne comme une monnaie alternative. Toutefois, avant de l’égaler, JP Morgan considère qu’elle doit gagner en stabilité, ce qui n’est pas gagné.

La capitalisation du bitcoin se calcule sur la base du nombre total de bitcoin en circulation, qui est actuellement valorisé à plus de 575 milliards de dollars. Toujours selon la holding, pour atteindre les 2,7 billions de dollars d’investissement privés dans l’or, il faut multiplier par 4,6 la capitalisation du bitcoin. Ce qui demande d’augmenter la confiance des investisseurs, et donc de stabiliser le cours de la monnaie digitale. « La raison est que pour la plupart des investisseurs institutionnels, la variabilité de chaque cours compte pour la gestion des risques du portefeuille, plus elle est élevée, plus le capital-risque est élevé », explique la note de la holding. Une caractéristique qui est loin d’être l’essence de la cryptomonnaie. Pour preuve, lundi elle a chuté brutalement, et est brièvement passée sous la barre des 30 000 dollars.

Au sein de la communauté bitcoin, certains estiment que la hausse du 2 janvier s’explique justement par le fait que les investisseurs institutionnels commencent à s’y intéresser. Une position soutenue par JP Morgan qui affirme qu’il y a « très peu de doute à ce que ce soit les flux institutionnels vers le bitcoin qui distinguent 2020 de 2017 ». D’autres y voient le même schéma qu’en 2017, lorsque le bitcoin a connu une forte croissance, avant de chuter. Ces derniers considèrent le bitcoin comme un actif spéculatif sans valeur intrinsèque, et donc une bulle susceptible d’éclater.

Par le passé, le PDG de JP Morgan, Jamie Dimon, a qualifié le bitcoin de « fraude », et a comparé son évolution à la tulipomanie du XVIIe siècle, un engouement soudain pour les tulipes, qui s’est soldé par l’effondrement de son cours. Néanmoins, il se dit davantage intéressé par la blockchain et a créé sa propre monnaie virtuelle, la JPM Coin. Quelle nuance.