Une IA a été conçue par des chercheurs en Chine permettant de détecter toute forme de sarcasme, à partir de données tirées sur Twitter. Le programme exploite l’apprentissage multimodal en associant les textes et des images, afin de maximiser la compréhension de l’attitude du public sur un sujet donné à partir de l’analyse de leurs sentiments.

Taux de précision de 86%

“L’incongruité est un caractère clé du sarcasme. (…) Comme l’incongruité pourrait apparaître qu’à l’intérieur du texte (par exemple, un texte sarcastique associé à une image sans rapport), il est nécessaire de considérer l’incongruité intra-modale”, peut-on lire dans un document publié (pdf) par l’Académie chinoise des sciences et l’Institut d’ingénierie de l’information, à Pékin. Ce document a d’ailleurs été présenté, la semaine dernière, lors de la conférence EMNLP sur le traitement du langage naturel (NLP).

Les chercheurs se sont penchés sur la différence d’émotion entre un texte et une image pour sortir leur étude. En effet, ils ont comparé les hashtags au texte du tweet dans le but d’évaluer l’émotion qu’un utilisateur ambitionne transmettre à travers ses hashtags. Le nouveau modèle d’IA a rencontré un taux de précision de 86% contre 83% pour l’ancien modèle de détection multimodal (HFM), sorti l’an dernier.

Des IA à tout faire

D’autres types d’IA voient aujourd’hui le jour, telles que celle mise au point par l’équipe du MIT (Massachusetts Institute of Technology) début novembre, qui permet la détection des cas asymptomatiques de la Covid-19 en toussant sur un téléphone. Ce détecteur de toux fiable à 98,5% peut repérer les différents types de toux que l’oreille humaine ne réussit pas à différencier.

Un autre exemple probant : l’avancée spectaculaire de l’assistant vocal Alexa qui rend son expérience vocale plus naturelle et plus intuitive. Alexa pourra réagir à des demandes en montrant de l’émotion et en étant plus humaine et sympathique pour les utilisateurs, alors qu’il est indéniable que les assistants vocaux occupent une place grandissante dans nos vies, et en particulier dans nos domiciles.

Plusieurs chercheurs de l’Université du Michigan et de l’Université de Singapour se sont aussi intéressés à la question du sarcasme. En effet, ils ont utilisé des modèles de langage et de la vision par ordinateur pour détecter le sarcasme lors d’émissions de télévision. Ces travaux ont été validés par l’Association du Computational Linguistics, la prestigieuse société savante en traitement automatique des langues, créée en 1962.

Cette IA pourrait tout à fait être intégrée à des solutions de social listening : un concept basé sur l’exploitation de contenus des réseaux sociaux dans le but d’analyser sa réputation. Elle pourrait servir à comprendre les nuances de ton dans les publications, pratique assez peu évidente pour la plupart des outils du marché.