Des chercheurs du laboratoire X d’Alphabet ont décrit, dans un long papier publié le 2 novembre 2020, le projet Amber. À travers ce dernier, ils espéraient réaliser des mesures précises des ondes du cerveau permettant de faciliter le diagnostic et le traitement de troubles mentaux tels que l’anxiété et la dépression. Malheureusement, ils ne sont pas parvenus au résultat escompté.

À la recherche d’un biomarqueur spécifique

La dépression et l’anxiété, accentuées par les réseaux sociaux et exacerbées par les mesures de confinement entreprises pour lutter contre la propagation du coronavirus, touchent de plus en plus de personnes à travers le monde. C’est pour cette raison que le laboratoire X de Google, spécialisé dans le développement de l’IA et de la robotique, a travaillé sur un moyen de mieux les évaluer. Un meilleur diagnostic menant, logiquement, à un meilleur traitement par la suite.

Son souhait de départ était d’identifier un biomarqueur spécifique à la dépression dans le cerveau . Pour y parvenir, les chercheurs ont développé un casque d’électroencéphalographie (EEG) s’enfilant comme un bonnet de bain et l’ont combiné à un système basé sur le machine learning. En analysant les ondes cérébrales de manière innovante et poussée, l’équipe espérait réaliser de grandes avancées dans ce domaine :

« Notre voyage a commencé par la question suivante : et si nous pouvions rendre les ondes cérébrales aussi faciles à mesurer et à interpréter que le glucose sanguin, et les utiliser comme mesure objective de la dépression ? Notre approche consistait à marier des techniques d’apprentissage mécanique de pointe avec une technologie vieille de 96 ans permettant de mesurer l’activité électrique du cerveau : l’électroencéphalographie (EEG) ».

Elle a ainsi élaboré son dispositif durant plusieurs années, et malgré quelques percées, n’as pas su identifier de biomarqueur.

Tout le hardware et le software en open-source

« Nous n’avons pas réussi à atteindre notre objectif initial, qui était de trouver un seul biomarqueur pour la dépression et l’anxiété. Il est peu probable qu’il en existe un, étant donné la complexité de la santé mentale. Pourtant, il ne fait aucun doute que la technologie offre d’immenses possibilités pour permettre une meilleure mesure », affirme la chercheuse Obi Felten. Malgré ce revers, les chercheurs ont décidé de mettre à disposition tous les éléments du projet Amber en open-source sur GitHub.

À travers cette démarche, ils espèrent aider les experts en santé mentale dans leurs recherches, notamment car le matériel qu’ils ont mis au point est beaucoup moins onéreux que celui qui était auparavant utilisé. De nombreux mystères restent encore à percer dans le domaine de la santé mentale, et ces recherches n’ayant finalement pas abouti en sont la preuve. « Aujourd’hui plus que jamais, des voix plus variées, une collaboration multidisciplinaire accrue et un partage plus ouvert des connaissances sont nécessaires pour améliorer la santé mentale de chacun », conclut la chercheuse.