Des chercheurs de l’Institut royal de technologie de Melbourne en Australie (RMIT University) ont développé une peau électronique artificielle qui réagit à la douleur de la même façon que la véritable peau humaine, révèle Scitechdaily. Une avancée qui ouvre à la voie à de meilleures prothèses, à des robots plus intelligents ou encore à des alternatives non-invasives aux greffes de peau.

Une peau électronique artificielle capable de différencier les niveaux de douleur

Ce dispositif, encore à l’état de prototype, est constitué d’éléments électroniques extensibles et extrêmement fins (oxydes et silicone biocompatible) embarquant des capteurs de pression, des revêtements réactifs à la température, ainsi que des cellules de mémoire électronique. Grâce à cette conception imitant les neurones, les voies neuronales et les récepteurs guidant les sens humains, cette peau électronique artificielle est capable d’identifier la douleur, ainsi que ses différents seuils d’intensité.

À ce propos, le professeur Madhu Bhaskaran, responsable de recherche sur ce projet, précise : « Notre peau artificielle est capable de faire la différence entre toucher doucement une épingle avec le doigt, ou se la planter directement dans celui-ci – c’est un niveau de distinction crucial qui n’a jamais été atteint auparavant par voie électronique« . Ainsi, lorsque le dispositif est confronté à la douleur, il imite la réaction de rétroaction quasi-instantanée du corps humain, et réagit aux sensations de douleur à la même vitesse que celle des signaux nerveux.

Une avancée majeure puisque, comme le précise le professeur Madhu Bhaskaran, « la peau est le plus grand organe sensoriel de notre corps, avec des caractéristiques complexes ». Jusqu’à ce dispositif, « aucune technologie électronique n’avait été capable d’imiter de manière réaliste la sensation de douleur » a-t-il ajouté, portant ainsi un coup à la peau artificielle présentée par l’Université nationale de Singapour en juillet 2019.

Quels domaines d’application pour cette avancée ?

Si ce dispositif est aussi important, c’est parce qu’il permettra des avancées considérables. D’abord, dans le domaine des prothèses qui pourront reproduire davantage les véritables sensations humaines et ainsi tenir leurs utilisateurs à l’écart du danger. En effet, n’oublions pas que c’est bien à ça que sert la douleur : envoyer un signal d’alarme au cerveau qui permet à un individu de mieux se protéger.

Cette peau artificielle pourrait également être une alternative aux greffes de peau chez les grands brûlés par exemple, lorsque les méthodes conventionnelles ne sont pas efficaces, ou simplement impossibles. Enfin, une application dans la robotique pourrait aussi être envisagée. Rappelons qu’en début d’année, le MIT avait présenté de nouveaux capteurs qui pourraient servir de « peau » pour les robots.

Le professeur Madhu Bhaskaran explique : « Notre peau artificielle réagit instantanément lorsque la pression, la chaleur ou le froid atteignent un seuil douloureux. C’est une étape cruciale dans le développement futur des systèmes de rétroaction sophistiqués dont nous avons besoin pour développer des prothèses et des systèmes robotiques vraiment intelligents ». Toutefois, comme nous l’avons précédemment expliqué, ce dispositif n’en est pour l’heure qu’au stade de prototype, il faudra donc encore se montrer patients avant de voir cette technologie être mise en pratique.