La Russie a annoncé avoir testé son propre Internet avec succès. Cette alternative au réseau mondial permettrait au pays de mieux contrôler le contenu accessible à sa population, comme c’est actuellement le cas en Chine ou en Iran.

Exit Internet, voici Rutnet

Il est baptisé Rutnet et pourrait bientôt être l’unique réseau accessible en Russie. Le Ministère des communications du pays a en effet déclaré l’avoir testé avec succès, sans même que les utilisateurs ne s’en rendent compte. Les détails sur ce test sont assez vagues, l’agence de presse Tass rapporte toutefois qu’ils ont permis d’examiner la capacité du réseau à résister aux “influences négatives externes”. Il visait également à évaluer la vulnérabilité des appareils Internet.

“Les résultats des exercices ont montré qu’en général, les autorités et les entreprises de télécommunications sont prêts à répondre efficacement aux risques et menaces émergents afin d’assurer le fonctionnement d’Internet et du réseau de télécommunications unifié de la Fédération de Russie”, a déclaré Alexey Sokolov, ministre russe du développement digital, des communications et des médias de masse.

Cette annonce n’est finalement pas très surprenante. Récemment, le pays introduisait une loi lui permettant de bloquer tout contenu dans une situation d’urgence. Une autre mesure interdit quant à elle la vente d’appareils qui n’intègrent pas d’applications pré-installées russes.

Contrôler pour mieux régner ?

La Russie n’est pas le premier pays à se lancer dans une telle démarche. En Iran, Internet est géré par une entreprise de télécommunications appartenant à l’État. Celui lui permet de contrôler le contenu, mais aussi de réduire les informations venues de l’extérieur. Le réseau chinois est lui aussi très limité : le pays bloque majoritairement le contenu étranger, c’est cette pratique qui a permis à des entreprises locales de devenir de véritables mastodontes sur le marché.

La Russie peut aussi se vanter de posséder des géants de la tech tels que Yandex. Néanmoins, la mise en avant du “fait local” cache une réalité plus sombre. Avec ces réseaux, les pays sont capables de mieux contrôler leur population, à l’image d’une réglementation récente en Chine visant à créer de nouveaux algorithmes. En réprimant le contenu étranger, les pays enferment leurs citoyens dans une sorte de cocon. Le Rutnet peut notamment faire craindre pour la liberté d’expression en Russie, qui prévoit de mettre au point son propre Wikipédia.

Par ailleurs, la Russie devra relever de nombreux défis techniques si elle veut déployer son Rutnet, comme bloquer les informations transmises entre continents par les câbles sous-marins. Malgré cela, il semble fort probable que le pays se dirige vers un vaste réseau intranet plutôt qu’Internet…