Voilà un matériau que les entreprises de sécurité vont s’arracher. L’équipe du chercheur Afsaneh Rabiei, de l’Université de Caroline du Nord, a développé une mousse métallique légère à l’épreuve des balles standards et perforantes. Cela pourrait permettre le développement de véhicules blindés deux fois moins lourds que ceux disponibles actuellement, ou beaucoup plus résistants pour le même poids.

La « composite metal foam (CMF) » ou mousse métallique composite en français, est constituée de sphères métalliques creuses, dont les matériaux sont l’acier inoxydable, le titane, l’aluminium, et d’autres alliages métalliques.

Une résistance impressionnante

Pour tester l’efficacité de la mousse en matière de résistance, les chercheurs à l’origine de sa conception ont constitué un système de blindage avec une plaque frontale en céramique, un noyau avec cette CMF, et une fine plaque arrière en aluminium. Après avoir tiré des balles de calibre 50 (des balles de sniper, forte puissance et large impact donc) et des balles perforantes, le blindage n’avait pas été traversé. Ceci malgré des vitesses d’impact qui allaient de 500 mètres à 885 mètres par seconde. Le média Phys.Org précise que 72 à 75% de l’énergie cinétique des balles standards et 68 à 78% de celle des balles performantes a été absorbées grâce à la mousse (CMF). « Le Blindage CMF représentait moins de la moitié du poids des blindages en acier homogène laminée nécessaire au même niveau de protection », a précisé Afsaneh Rabiei, professeur de génie mécanique et aérospatial à l’Université de Caroline du Nord.

Des blindages encore plus légers pourraient être conçus grâce à cette mousse métallique

Le blindage conçu grâce à la mousse métallique est déjà impressionnant de légèreté, mais le professeur Rabiei estime que son matériau pourrait permettre d’aller encore plus loin. En effet, il explique « Nous avons seulement opté pour notre matériau CMF optimisé et remplacé la plaque d’acier des blindages standards par des protections en CMF. Il y’a du travail supplémentaire que nous pourrions faire (…) Par exemple, nous aimerions optimiser l’adhérence et l’épaisseur des couches de céramique, de CMF, et d’aluminium, ce qui pourrait entraîner une réduction du poids total et une amélioration de l’efficacité du blindage final. ».

Le professeur Rabiei ne cesse de repousser les limites du blindage

Dans des travaux précédents, le professeur Rabiei a réalisé d’autres prouesses impressionnantes en matière d’optimisation du blindage. Il a démontré que sa mousse métallique pouvait bloquer la pression de souffle et la fragmentation à 1500 mètres par seconde, grâce à des balles incendiaires hautement explosives explosant 40 cm avant l’impact. Il a également démontré que la CMF était très efficace pour protéger des rayons X, des rayons gamma, et des rayons neutroniques. On suppose donc qu’elle pourrait être utile pour développer des véhicules capables d’évoluer dans des conditions extrêmes, d’autant qu’elle supporterait également deux fois plus la chaleur et le feu que les métaux ordinaires. C’est d’ailleurs ce que souligne le professeur Rabiei « Les matériaux en CMF sont prometteurs pour diverses applications : de l’exploration spatiale au transport de déchets nucléaires, d’explosifs, et d’autres matières dangereuses, en passant par la sécurité militaire ». Entre cette mousse métallique, le drone ravitailleur de Boing, et le missile à lames tranchantes de la CIA, il est clair que les technologies que la science peut engendrer pour répondre aux problématiques militaires n’ont pas fini de nous étonner.