Études

Fake news : les robots n’ont besoin que de quelques secondes pour les diffuser

Seulement 6% des robots sont responsables de 31% des fake news.

Souvenons-nous, des élections américaines en 2016. Les fake news se sont répandues sur les réseaux sociaux, bien plus rapidement que les tentatives factuelles de le démystifier. Et figurez-vous que ce sont les bots de Twitter qui ont joué un rôle majeur dans la diffusion de ces fausses informations. D’ailleurs certaines fake news sont toujours en ligne, sur Twitter notamment. Il y a quelques mois, 10 millions de tweets et 700 000 comptes liés à des sites faisant l’apologie de théories du complot avaient été examinés.

Aujourd’hui, une nouvelle étude parue sur ARS Technica et réalisée en grande partie par des chercheurs de l’Université de l’Indiana, a de nouveau passé à la loupe 14 millions de tweets entre mai 2016 et mai 2017, couvrant les primaires présidentielles et l’arrivée officielle au pouvoir de Trump. Les chiffres qui en ressortent sont effrayants et laissent imaginer ce qu’il pourrait se passer lors de prochaines élections : 6% des comptes identifiés comme étant des bots seraient à l’origine de 31% des fake news diffusées sur cette période. Grâce à l’amplification automatisée, ces robots ont agi en quelques secondes seulement.

Le problème c’est que les internautes ont tendance à faire plus confiance aux messages diffusés de manière très importante. En somme : plus il y a de tweets sur un sujet, plus il est crédible. C’est ce que précise Filippo Menczer, co-auteur de l’étude, il attribue le succès des fake news à cette tendance humaine certaine à accorder plus d’attention aux choses qui sont populaires. Il nomme cela le « préjugé social ». Les robots abusent même de cette pratique en faisant en sorte que des personnes réelles prennent le relai et partagent leurs informations.

Ce qui est intéressant également c’est que l’étude montre que les vraies et les fausses informations sont propagées à la même vitesse. Cependant, le constat est net : les fausses informations sont diffusées plus rapidement et plus longtemps que les vraies. Conclusion, c’est l’homme qui participe à la propagation des fake news sur Twitter en se laissant duper par les robots. Les premiers pas d’une domination de l’intelligence artificielle sur l’intelligence humaine ?

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