C’est en tout cas ce qui ressort de l’étude « ADN d’un entrepreneur » publiée par l’assureur spécialiste Hiscox pour la huitième année consécutive. Cette étude portant sur 6 pays : la France, l’Angleterre, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Espagne, et enfin les États-Unis est menée auprès de plus de 4 000 dirigeants fondateurs ou cadres supérieurs de sociétés comptant au maximum 50 salariés. Pour la France l’étude porte sur un échantillon de 500 personnes.

Il s’agit d’une bonne nouvelle…

On entend encore de-ci de-là que la France n’est pas le pays dans lequel il est facile d’entreprendre, que la fiscalité est trop lourde, les investisseurs pas assez nombreux, mais le constat est le suivant, il y a une augmentation du nombre d’entreprise en croissance. En effet, 2/3 des TPE ont vu leur profit augmenter sur les 12 derniers mois, même si en France, nous sommes encore un peu derrière l’Espagne et les États-Unis qui affichent une croissance respective de 69% et 70%, contre 60% pour les petites entreprises françaises.

Le moteur de cette croissance repose sur l’innovation pour 56% des entreprises interrogées qui ont l’intention de développer de nouveaux produits ou services sur les 12 prochains mois. Cette innovation si chère aux grandes entreprises françaises et dans la bouche de tous les dirigeants du CAC40, les entrepreneurs l’ont aussi intégré comme une composante incontournable de leur stratégie de développement. On voit donc ici que les synergies sont évidentes entre les jeunes pousses et les grands groupes, qu’il ne s’agit plus d’un vœu pieux des uns comme des autres mais d’une réelle opportunité pour les petits de trouver les relais de croissance par l’innovation qu’ils pourront apporter aux grands.

Les entrepreneurs français ont globalement moins travaillé cette année…

Il est intéressant de constater aussi que les entrepreneurs français ont globalement moins travaillé cette année que l’année dernière, avec 2 heures de moins qu’en 2015 à 45 heures par semaine tout de même, bien loin des 35 heures tant décriées. Et puis, ils ont aussi à cœur de prendre le temps de se reposer et de déconnecter avec en moyenne 23 jours par an de congés, ils ne seraient donc pas corvéables à leur entreprise, même si l’histoire ne dit pas ce qu’ils font pendant leurs vacances, et en particulier s’ils réussissent à décrocher complètement, rien n’est moins sûr.

Pour autant tout n’est pas si rose. Ainsi les français sont 41% seulement à envisager l’année 2017 de manière positive à comparer avec les entrepreneurs américains qui eux sont 68% à avoir ce point de vue. Parmi les raisons évoquées, 54% des entrepreneurs estiment que l’instabilité politique pose un problème pour leur entreprise.

Un problème de financement…

Un autre point de tension pour les entrepreneurs français concerne le problème du financement et la capacité qu’ils ont à trouver des fonds pour se développer.  Ainsi pour presque un tiers des français, il est de plus en plus difficile d’obtenir un financement auprès des banques, et ce malgré le positionnement que celles-ci affichent pour soutenir l’économie et en particulier nos startups. D’ailleurs pour 44% de ces patrons, il n’y a pas eu de progrès pour changer la donne. Plus inquiétant, pour près d’un dirigeant sur deux les clients payent plus tard qu’auparavant, ces retards de paiement ayant un impact négatif direct sur leurs finances pour 68% d’entre eux.

Mais surtout, pour 42% des français interrogés, il s’agit du financement de l’innovation qui leur pose le plus de problème. En grande partie liée au fait qu’il est difficile d’investir sur une idée qui générera d’abord des charges importantes de personnels, d’étude et de marketing avant de générer du chiffre d’affaires. Cela rend forcément les investisseurs plus frileux, c’est ce qui fait que les entreprises françaises financent principalement leurs investissements d’innovation en fonds propres. Des dispositifs existent pourtant auprès des banques comme de l’état pour financer ces projets innovants, mais malheureusement ils sont complexes à mettre en œuvre et représentent un frein pour que les entreprises puissent y faire appel.

Seul 14% des dirigeants interrogés estiment se sentir soutenus par les pouvoir publics…

D’ailleurs, seul 14% des dirigeants interrogés estiment se sentir soutenus par les pouvoir publics alors même qu’il n’y a jamais eu autant de bonne volonté et de dispositifs pour aider les entrepreneurs qu’actuellement. Il semblerait que les initiatives prises par le gouvernement ne suffisent pas à satisfaire les patrons français. Il y a par exemple pour ces entreprises trop de temps à passer dans les tâches administratives, 5 heures par semaine en moyenne, une perte de temps et d’efficacité pour la plupart d’entre elles qui préféreraient consacrer cette énergie à développer leur société.

Concernant le recrutement les statistiques ne sont pas extraordinaire, seulement 12% des dirigeants interrogés ont recruté sur l’année écoulée, un chiffre identique à celui des entreprises qui déclarent avoir licencié dans le même temps. Il semblerait pour autant que l’embellie se confirme par les projections de recrutement faite pour 2017, les entreprises françaises seraient ainsi 21% à vouloir embaucher sur l’année à venir.

Les fameux slashers…

Dernier chiffre intéressant à noter, celui des entrepreneurs qui déclarent avoir une autre activité salariée en parallèle de celle de leur entreprise, les fameux slashers. Cette activité leur permet de pouvoir développer leur entreprise, ils sont ainsi 34% à avoir une double vie professionnelle, salarié le jour et entrepreneur le soir et les week-end.

Les résultats de cette étude matérialisent toute l’ambiguïté qu’il peut exister sur les attentes des entrepreneurs, leurs aspirations et les difficultés qu’ils peuvent rencontrer au quotidien. On le savait déjà, créer son entreprise et prendre des risques pour développer une idée dans laquelle on croit est une démarche complexe et courageuse, mais cette étude montre qu’il n’y a pas que des inconvénients à ce changement de vie, ni même qu’il y a besoin de tout sacrifier pour se lancer dans une nouvelle activité. Un point d’attention tout de même concernant le financement, il est de notoriété publique qu’il s’agit du problème numéro 1 des entreprises françaises, mais il devient critique de trouver les leviers pour débloquer cette situation, gageons que des solutions à venir comme le compte entrepreneur investisseur participeront à répondre en partie à ce problème.

A propos de l'auteur

Expert du numérique et de la blockchain, Sébastien Bourguignon est manager au sein d'un cabinet de conseil en IT et ICO Advisor. Il accompagne ses clients dans leur transformation digitale et dans leur projets d’ICO ou de blockchain. Passionné par le digital, l’innovation et les startups, il a par ailleurs créé un blog (http://sebastienbourguignon.com) pour y partager l’actualité autour de ces thématiques. Il a ainsi développé le projet #PortraitDeStartuper dans lequel il fait intervenir des startupers qui présentent leur retour d’expérience dans leur aventure entrepreneuriale. Il est aussi auteur des livres blancs « #80PortraitDeStartuper » et « 100 #PortraitDeStartuper – Saison 2 », ainsi que du livre « Portraits de startupers - édition 2017 » publié aux éditions Maxima.

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