Globalisation digitale : pour McKinsey la data prime sur les biens et services

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McKinsey vient de publier une étude sur la globalisation digitale. Pour le McKinsey Global Institute s’ouvre une nouvelle ère : celle des flux globaux d’information. Traditionnellement les discussions sur la globalisation se focalisent sur les flux de biens manufacturés. Cette étude s’intéresse, elle, aux flux de données, aux échanges d’idées, de recherche, de technologies. Une des conclusions de cette étude est que les pays situés à la périphérie des réseaux tirent des bénéfices importants de l’accroissement des nouveaux échanges, ce qui est nouveau.

Les flux de données progressent de manière exponentielle sur les dernières années.

Les flux de données progressent de manière exponentielle sur les dernières années.

Les chiffres compilés par McKinsey sont impressionnants. Entre 2005 et 2014, les flux de données ont été multipliés par 45. En 1990, la valeur des flux de biens & services comme financiers s’élevait à 5 trillions de dollars (cinq mille milliards), soit 24% du PIB mondial. En 2014, les échanges pèsent 30 trillions, soit 39% du PIB. Ce que les auteurs notent, c’est que ces flux traditionnels sont en baisse depuis leur pic de 2007. Au plus haut c’était 53% du PIB mondial, soit une baisse significative, même si en valeur les échanges ont retrouvé leur niveau de 2007.

Les flux de data ont profondément changés en moins de dix ans

Les flux de data ont profondément changés en moins de dix ans

Le point clef est la hausse des échanges de données et d’information. Car là, la dynamique est différente. Loin d’avoir connu une baisse, les échanges numériques sont passés de 4,7 Terabits par seconde à 211,3 Terabits par seconde.

Il y a neuf ans, les flux principaux étaient des flux USA-Europe puis USA-Asie et USA-Amérique Latin. Aujourd’hui, la carte fait apparaitre un monde multipolaire. L’Amérique du Nord n’est plus, comme avant, au centre de la toile. Cette importance grandissante des économies émergentes et des échanges multipolaires est un facteur clef de la nouvelle économie dans laquelle nous sommes à présent. Les flux innovants, d’après les auteurs, sont passés d’une émission principalement depuis les économies développées à un équilibre entre de nombreux pôles. La Chine, par exemple, est classée septième devant la France en termes de degré de connexion. Et ce ne sont pas les USA qui pointent à la première place mais Singapour suivi des Pays-Bas. Le pays de l’oncle Sam doit se contenter, pour ce classement, de la dernière marche du podium. Mais il reste le pays central au sens de la production de contenu digital. Les sites nord-américains restent encore les plus consultés par les internautes globaux.

A présent, l’information est accessible de manière immédiate, partout dans le monde. Cela marque un changement net d’avec le monde d’avant, où les idées se diffusaient plus lentement au travers des frontières.

Nous sommes entrés dans le 21ème siècle

Nous sommes entrés dans le 21ème siècle

Une autre des conséquences mises en avant, c’est que les petites entreprises et les individus y gagnent un rôle croissant. Les multinationales ont perdu le monopole des flux d’information. Pour McKinsey, 914 millions de personnes ont des contacts – via les réseaux sociaux – avec des gens qui vivent dans un autre pays. C’est plus du double que le nombre de voyageurs internationaux, estimés à 429 millions. Et c’est le triple des acheteurs e-commerce ayant fait leur e-shopping à l’étranger (361 millions).

En conclusion, McKinsey nous offre là un nombre considérable de chiffres et dégage de nombreuses recommandations dans cette étude. Chacun, suivant ses centres d’intérêts, y trouvera de quoi satisfaire sa soif d’information. Mais le plus important est que McKinsey trace là une sorte de nouvel atlas. C’est une nouvelle cartographie qui se dessine, basée sur l’information et les échanges non physiques.

Pour obtenir l’étude complète (en anglais) : le site de McKinsey

A propos de l'auteur

Consultant en transformation digitale, formateur, spécialiste des marchés financiers. Président fondateur d'Absilis. Mais aussi street photographer, habitué du Bassin d'Arcachon et défenseur de la gastronomie française.

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