Suite du compte-rendu que BETC Digital nous faisait du SXSW2015 début avril. Après les interrogations de la Silicon Valley sur le monde qu’elle façonne et les recherches de ceux qui cherchent à repousser les limites de la mort, continuons maintenant pour parler de notre vie avec les robots, mais aussi de design, ceci ayant d’ailleurs un rapport avec cela, vous verrez.

2. Life with robots

Au SXSW, on a pu mesurer à quel point l’apparence des robots modifie notre comportement en tant qu’humains. Ce ne sont pas des ingénieurs qui nous l’affirment, mais de très sérieuses études comme notamment celles menées au MIT : la forme robot modifie le rapport que les humains ont avec les machines.

Par exemple au MIT il a été prouvé que le gain de connaissance sur un protocole d’apprentissage est significativement supérieur quand un enfant est en contact avec quelque chose qui a l’air d’un petit robot plutôt que d’une tablette. Cela génère plus de confiance et plus d’engagements. N’en déplaise aux traditionalistes, la hiérarchie en terme d’apprentissage est la suivante : robot puis ordinateur et papier/crayon en dernier.
Dans une autre expérience, des familles ont reçu à leur domicile des robots et on a pu constater la forte projection d’émotions qui en découlait : les familles les baptisaient, certains les habillaient, et le départ du robot du foyer était parfois déchirant. Comme avec un animal de compagnie en quelque sorte. Ce rapport émotionnel ne concerne pas que les enfants puisqu’une expérience portant sur des femmes au régime (pfff) a elle aussi montré que celles-ci mincissaient 2 fois plus avec un robot qu’avec une tablette.
La question des robots à domicile ouvre évidemment un champ d’expériences et de questions particulièrement vaste quand on pense à des initiatives telles que Jibo par exemple :

Au-delà du fait qu’on est sans doute très proche d’avoir ce type d’intelligence artificielle dans nos domiciles, on réalise très vite que cela pose la question des interfaces : celui qui gagnera la bataille de l’émotion et du robot-familial gagnera peut-être aussi la bataille de très nombreuses apps et services à l’intérieur de celui-ci (musique, photos, moteur de recherche, etc), et peut demain devenir le concurrent de tout un tas de sociétés travaillant sur des objets connectés pour la maison (Orange, Schneider, …).
On le voit, si le design modifie à ce point notre rapport aux machines, alors son importance est capitale. Ça tombe bien c’est le point suivant.

3. Design the world

John Maeda grand designer, président du Rhode Island School of Design, dit que les solutions doivent intégrer de façon essentielle et très en amont la question du design.

Aujourd’hui on utilise de plus en plus d’objets digitaux. Et plus leur usage croît, plus l’importance de leur design va croître. Prenons l’exemple de nos téléphones que nous regardons 150 fois par jour. A une telle fréquence de “scrutation”, le design de l’interface ne peut laisser place à l’approximatif. Design non pas dans le sens « faire joli » mais dans le sens « créer l’interface qui résout de façon la plus significative possible le problème des gens». D’ailleurs, John Maeda a été recruté par un important fonds d’investissement dans la Silicon Valley, et on constate aujourd’hui que les startups aux plus grosses levées de fonds sont celles qui ont le mieux travaillé leur design…
L’exemple d’AirBnb est à ce titre une parfaite illustration d’interface dont la home page véhicule de nombreuses émotions positives qui viennent noyer les éventuelles réticences liées au fait de louer une chambre à un inconnu.

Autre donnée toujours à propos de la même société : à partir du moment où AirBnb a fait faire les photos des maisons par des photographes professionnels, son trafic a explosé.

John Maeda prône aussi le design dans sa fonction d’“AfterWow” : passé l’excitation de l’acquisition du nouveau produit, comment est-ce que dans la durée il reste pertinent, utile et me rend un service ? C’est le vrai torture test.

BETC Digital fait alors la relation avec la question des wearables : 1/3 des américains abandonnent leur bracelet connecté au bout de 6 mois… Sur le long terme, ces produits n’apportent finalement pas un si grand service que ça, ne sont pas si utiles que ça. Alors on arrête de les utiliser.
Aussi au SXSW a-t-on pu voir opposée à la notion des wearables les thereables : un lieu qui émet des informations au moment où j’en ai besoin via une device que j’ai toujours sur moi, plutôt qu’une device dédiée à un usage unique et défini.
From wearables to thereables

Le monde comme une interface, c’est en tous cas la vision du maire de LA :

Par exemple pour résoudre le problème de places de parking dans sa ville, le maire a équipé lesdites places de capteurs permettant d’indiquer si elles sont occupées ou libres, et de transmettre l’information à une application censée simplifier les problèmes de circulation dans la ville.

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@mheberard