Il y a peu, le SXSW était sur toutes les lèvres de ceux qui s’intéressent au digital.
Le temps des comptes-rendus à chaud étant passé, BETC Digital nous invitait début avril à une conférence revenant avec recul sur l’événement. Cinq points de réflexion nous étaient livrés, marqués par les interrogations sociétales d’un milieu qui s’interroge désormais sur son impact sur le monde qui l’entoure :

1. With great power comes great responsibility
2. Life with robots
3. Design the world
4. Make innovation happen
5. Content in a SOMO world

Siècle Digital vous invite à en découvrir le contenu dans cette série d’articles.

La conférence était présentée par Olivier Vigneaux (@laviematerielle), co-président de BETC Digital, et Sebastien Houdusse (@osebho), directeur du planning stratégique, dans l’ambiance décontractée qui caractérise les conférences de l’agence.

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1. With great power comes great responsibility

Autrefois obsédé par la technologie, le microcosme du digital s’interroge désormais sur son impact dans la société qui l’entoure :
> La diversité
Le nombrilisme laisse la place à l’ouverture sur le monde et cette année au SXSW de nombreuses de conférences et débats avaient lieu autour de la diversité dans le monde de la tech : « Women in tech can’t be our next endangered species », « Where are the black designers ? » ou « Transgender in tech » en sont quelques exemples :

Même si certaines conférences étaient sur des sujets extrêmement précis (« How technology can help gay homeless people »…), c’est la place des femmes dans le digital qui était au cœur des interrogations. À Austin cette année, on a beaucoup parlé du « end of brogramming », néologisme contractant « brothers » (les mecs ) et « programmers », pour faire référence à une communauté encore majoritairement masculine (moins d’1/5è de femmes) qui doit apprendre à s’ouvrir.

> La sharing economy

Une conférence a fait beaucoup de bruit, celle sur la sharing economy. Vous avez sans doute déjà lu des articles critiquant le modèle. La conférence soulignait notamment comment la sharing economy, sous couvert de valeurs extrêmement positives, peut en réalité cultiver les “-isms” : racism, sexism, antisemitism, … En effet, dans ce milieu où les particuliers interagissent sans autorité de régulation, chacun peut choisir qui il souhaite recevoir chez lui ou par qui il souhaite être conduit, laissant libre cours à ses préjugés personnels…
Autre point : le monde que cela crée. Une nouvelle génération de professionnels apparaît, issue de la crise. Ceux dont le job principal, quand ils en ont un, ne suffit pas et qui développent une seconde activité pour s’en sortir (louer son domicile, se transformer en chauffeur de taxi…). Le conférencier faisait ainsi un parallèle avec la grande dépression, quand les enfants de 12 ans sont entrés sur le marché du travail et sont venus concurrencer des professionnels adultes, faisant baisser les coûts. Est-on vraiment dans la sharing economy ou dans la selfish economy ?

> Le questionnement du soi
Sujet vertigineux, celui de la disparition de notre mort, qui a notamment été au coeur de la conférence de Martine Rothblatt.

Martine Rothblatt a notamment sauvé sa fille en développant une technologie médicale qui n’existait pas encore, et fondé une société (United Therapeutics) qui travaille aujourd’hui sur la culture d’organes humains artificiels. Au-delà de la prolongation de notre corps physique, elle se questionne sur la possibilité de prolonger notre esprit et notre conscience : la digital consciousness.
Son propos : aujourd’hui, notre vie sur la toile est extrêmement documentée, dès la naissance. Avec toutes les informations, on va pouvoir constituer un « mind file », le dossier de notre conscience. Et si on arrive à le mettre en action grâce à l’intelligence artificielle, on pourra d’ici 10 ou 20 ans mettre en action notre conscience artificielle pour prolonger notre conscience. Aujourd’hui on en est au stade totalement expérimental encore, mais la perspective est très réaliste (cf. le film Her).

Martine travaille d’ailleurs sur un androïde, Bina048, du nom de son épouse bien vivante Bina. Cette vidéo de Bina048 montre à quel point elle est encore « buggée » mais à quel point également on peut être troublé par les questions métaphysiques qu’elle se pose (« I am the real Bina ») : [youtube https://www.youtube.com/watch?v=KYshJRYCArE]

Si vous suivez un peu l’actualité, vous avez aussi entendu ceux qui tirent la sonnette d’alarme. Et il est vrai que quand on écoute les spécialistes parler, ça fait vite froid dans le dos : aujourd’hui toutes ces recherches sont capturées par des firmes privées. Ce n’est pas par hasard si Stephen Hawking, Bill Gates ou Elon Musk nous alertent sur l’absence de vigilance des États…

Vous trouvez ça intéressant, curieux d’en lire plus sur la vie avec les robots ?
Retrouvez la suite de l’article :
Vivre avec les robots et l’importance du design [SXSW Stories Part 2]
Cultiver l’innovation, créer du contenu à l’ère des médias sociaux [SXSW Stories Part 3]