Quinze milliards sur trois ans. Le chiffre, communiqué mardi soir par Amazon, a de quoi impressionner n’importe quel responsable politique. Le ministre délégué au Commerce extérieur Nicolas Forissier ne s’en est pas privé. Il met en avant un signal très fort pour l’attractivité du pays. Il est difficile de le contredire sur les chiffres bruts.

Quatre entrepôts pour 7 000 postes

Les premières embauches arrivent dès cette année. Trois centres de distribution ouvrent leurs portes en 2026.

  • Mille CDI à Illiers-Combray, dans l’Eure-et-Loir.
  • Mille à Beauvais, dans l’Oise.
  • Trois mille à Colombier-Saugnieu, dans le Rhône.
  • Un quatrième site suivra fin 2027 à Ensisheim, dans le Haut-Rhin, avec 2 000 postes supplémentaires.

Amazon emploie déjà plus de 25 000 personnes en CDI en France sur une trentaine de sites. Depuis 2010, le groupe dit avoir investi plus de 30 milliards d’euros dans le pays.

Il n’y a pas seulement des cartons et des chariots

Jean-Baptiste Thomas, le patron d’Amazon France, tient à le préciser. Les 15 milliards ne serviront pas qu’à empiler des entrepôts. Une part significative du budget alimentera les infrastructures cloud et l’intelligence artificielle sur le sol français. Quand on sait qu’AWS génère à elle seule plus de la moitié des bénéfices opérationnels d’Amazon dans le monde, on comprend mieux pourquoi la France intéresse le groupe au-delà de la livraison de colis.

Sur le volet logistique, Amazon joue aussi la carte verte. Il faut rapprocher les stocks des villes où vivent les clients, raccourcir les tournées, abaisser les émissions. 170 millions d’articles livrés en moins de 24 heures aux abonnés Prime français en 2025, selon les chiffres du groupe. Le maillage du territoire avance vite. Reste à savoir si la promesse écologique résistera à l’augmentation mécanique des volumes.

Un investissement record, mais pas désintéressé

Amazon ne fait pas de philanthropie. Ce plan répond à des besoins opérationnels. Le marché français du e-commerce continue de prendre de l’ampleur. La demande en infrastructure cloud explose avec l’IA générative. De plus, la bataille logistique du dernier kilomètre exige des entrepôts toujours plus nombreux et toujours plus proches.

Sept mille CDI dans des zones comme Beauvais, Illiers-Combray ou Ensisheim, ce sont des emplois dans des territoires qui en ont besoin. Il faut aussi se souvenir qu’un nouvel entrepôt Amazon redessine l’économie locale autour de lui. Les commerces de centre-ville le savent. Les libraires le savent aussi depuis longtemps.

Toutefois, les riverains ne sont pas toujours enthousiasmés. Je suis concernée par l’installation à Ensisheim. La ville est déjà rythmée par de nombreux camions, l’arrivée d’Amazon ne va clairement pas arranger les choses. Il est déjà très difficile de circuler.