Pendant vingt ans, Amazon a construit le réseau logistique le plus dense et le plus rapide de la planète pour ses propres besoins. Entrepôts, centres de tri, flottes de camions, livreurs du dernier kilomètre, algorithmes d’optimisation des routes. Tout cela servait à acheminer des colis Amazon ou ceux de vendeurs tiers hébergés sur sa marketplace.
N’importe quel secteur et n’importe quelle taille
Le nouveau service s’appelle Amazon Supply Chain Services. Il donne accès à l’ensemble de la chaîne (fret international, stockage, préparation de commandes et livraison au client final). Le tout pour des entreprises qui n’ont aucune obligation de vendre sur Amazon. Un fabricant de dispositifs médicaux, un équipementier automobile, une marque de vêtements outdoor, tous peuvent désormais brancher leur flux logistique sur l’infrastructure du groupe.
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Peter Larsen, vice-président de la division, compare le mouvement à ce qu’AWS a fait pour le cloud computing. À l’époque, Amazon avait construit une infrastructure de serveurs pour faire tourner son propre site, puis avait réalisé que la vendre à d’autres rapporterait davantage que de la garder pour soi. AWS génère aujourd’hui la majorité des bénéfices du groupe. Si la logistique suit le même chemin, on parle d’un changement de catégorie pour l’entreprise.
Des poids lourds déjà embarqués
Amazon ne lance pas ce service dans le vide. Procter & Gamble, 3M, Lands’ End et American Eagle Outfitters se retrouvent parmi les premiers clients annoncés. Quatre noms qui couvrent des secteurs très différents (grande consommation, industrie, mode) et qui montrent que l’offre ne cible pas un créneau, mais ratisse large.
Pour ces entreprises, l’attrait est évident.
- Monter son propre réseau logistique coûte des milliards et prend des années.
- Passer par UPS ou FedEx fonctionne, mais sans le niveau d’intégration technologique qu’Amazon peut offrir (suivi en temps réel, prévision de la demande, gestion automatisée des stocks).
Amazon vend un package complet, du conteneur maritime jusqu’à la porte du client, piloté par la même couche logicielle qui fait tourner son propre commerce.
UPS et FedEx dans le viseur
Amazon se positionne frontalement comme un concurrent des deux mastodontes américains du transport de colis. Amazon part avec un avantage de coût (son réseau existe déjà, amorti par des années de volumes propres) et un avantage technologique que ni UPS ni FedEx n’ont réussi à égaler.
Amazon a fait pareil avec le cloud, la pub digitale et le streaming. Il construit une infrastructure pour ses propres besoins, la rode à grande échelle, puis la vend aux autres quand elle tourne comme une horloge.