Samsung traînait derrière TSMC dans la course aux puces IA. Mercredi, le titre a bondi de plus de 10 % à Séoul et la capitalisation a franchi le seuil symbolique. Samsung devient la deuxième entreprise asiatique à atteindre ce palier, vingt-trois ans après son entrée en Bourse.

Des bénéfices multipliés par six en un an

La semaine dernière, Samsung a publié des résultats trimestriels qui ont fait sursauter les analystes.

  • Bénéfice net sur les trois premiers mois de 2026, environ 27 milliards d’euros.
  • Six fois plus que la même période un an plus tôt.
  • Le chiffre d’affaires a battu un record historique.

Tout cela porté par un composant que le grand public ne connaît pas, mais dont les data centers du monde entier ne peuvent plus se passer. La mémoire HBM, pour High Bandwidth Memory, alimente les systèmes d’intelligence artificielle. Les serveurs qui font tourner les modèles de langage, les centres de calcul de Google, Microsoft, Amazon en consomment des quantités phénoménales.

La demande explose, l’offre ne suit pas, les prix grimpent et Samsung engrange. SK Hynix, son rival sud-coréen, livre la même bataille. Micron, le troisième acteur mondial, également. Les trois ont redirigé une partie de leurs investissements depuis les puces grand public vers la HBM, là où les marges sont incomparablement plus élevées.

Apple frappe à la porte

Un autre élément a dopé le titre mercredi. Des informations ont filtré sur des discussions entre Apple et Samsung pour fabriquer des puces Apple aux États-Unis.

Apple dépend pratiquement de TSMC à Taïwan. Si Samsung décrochait ce contrat, le paysage mondial des semi-conducteurs changerait de visage. Rien de signé, mais la rumeur a suffi à nourrir la hausse.

Un club à treize membres, dix dans la tech

Samsung rejoint un groupe où la technologie domine. Sur les treize entreprises au-dessus du billion de dollars, dix appartiennent à la tech. Nvidia, Apple, Microsoft, Alphabet, Amazon, Meta, Broadcom, TSMC, Tesla. Seuls Saudi Aramco, Berkshire Hathaway et Walmart font exception.

Nvidia avait mis deux ans pour passer de 1 000 à 4 000 milliards. Apple avait mis six ans. La question de la bulle IA revient régulièrement à Wall Street. Pour l’instant, les bénéfices des fabricants de puces tiennent la route.

Un succès qui crée ses propres tensions

Les employés de Samsung ne regardent pas ce billion de dollars avec les mêmes yeux que les actionnaires. Un mouvement de grève de 18 jours est annoncé pour la fin du mois, les salariés réclament leur part des profits générés par l’IA. Les divisions téléphones et télévisions du groupe paient au prix fort les mêmes puces mémoire qui remplissent les caisses de la branche semi-conducteurs. Le succès de Samsung se nourrit en partie de ses propres filiales.