Doctolib n’attend pas que les polémiques retombent pour avancer. Pendant que l’Autorité de la concurrence française digère son amende de 4,6 millions d’euros et que l’appel suit son cours, la scale-up ouvre un cinquième front européen. Direction le Royaume-Uni !
Un pied dans le NHS grâce à Medicus
Medicus Health, la startup rachetée ce 6 mai, développe depuis sept ans un logiciel de gestion de cabinet pour les généralistes britanniques. Son principal atout concerne la connexion native à la NHS App, le portail que des millions de patients utilisent pour consulter leur dossier médical ou prendre rendez-vous. En juin 2025, Medicus a obtenu la validation officielle du NHS anglais, ce qui lui ouvre un marché verrouillé depuis plus de vingt ans par deux acteurs. Ces derniers se nomment Optum, filiale de l’assureur américain UnitedHealth et TPP. Un duopole que Doctolib entend bousculer.
Le montant du rachat n’a pas été communiqué. Par contre, Doctolib annonce plus de 100 millions de livres sterling d’investissement au Royaume-Uni, 150 recrutements et la création d’un centre de R&D dédié aux soins primaires. L’équipe de Medicus, 25 personnes aujourd’hui, devrait doubler avant la fin de l’année. Emile Axelrad, le fondateur, prend la tête du bureau britannique et devient actionnaire significatif de Doctolib.
Exporter le modèle qui fonctionne en France
Stanislas Niox-Chateau voit dans le marché britannique les mêmes maux que partout en Europe.
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- Médecins noyés sous la paperasse.
- Outils numériques vieillissants.
- Demande de soins qui grimpe.
Doctolib compte déployer ses solutions logicielles déjà rodées, notamment ses outils d’intelligence artificielle.
En France, la société a largement dépassé la simple prise de rendez-vous. Dossiers patients, facturation, télétransmission, assistant téléphonique. Elle marche désormais sur les plates-bandes de Cegedim et Compugroup Medical.
Une licorne rentable, mais dont la valorisation a fondu
Doctolib a franchi le cap de la rentabilité il y a quelques mois, douze ans après sa création. Son chiffre d’affaires a atteint 422 millions d’euros l’an dernier. La plateforme revendique 520 000 soignants utilisateurs et 90 millions de patients répartis entre la France, l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas.
En 2022, Doctolib pesait 5,8 milliards d’euros. Après une opération sur le marché secondaire, le chiffre est tombé à 3,6 milliards. Une baisse de 38 %.
Doctolib doit prouver qu’elle peut croître au-delà de son marché domestique dans le but de justifier une remontée de sa valorisation. Le Royaume-Uni, avec son NHS centralisé et ses 67 millions d’habitants, offre un terrain très réjouissant.