Le laboratoire européen pour l’apprentissage et les systèmes intelligents, baptisé ELLIS, vient de lancer un nouveau programme qui vise à développer des unités de recherche axées sur l’impact sociétal de l’IA. Objectif : faire rester les talents de l’IA en Europe.

Attirer et retenir les talents de l’IA sur le sol européen

Ce programme va voir le jour dans 17 grandes villes européennes ainsi qu’à Israël. Des villes comme Amsterdam, Copenhague, Helsinki, Tel Aviv et Zurich sont concernées par ce projet. Le marché de l’intelligence artificielle est connu pour ses pratiques féroces en terme de recrutement. L’Europe voit régulièrement ses talents partir vers les États-Unis, le Canada ou bien la Chine. Ce projet devrait permettre aux chercheurs d’avoir des salaires comparables à ceux offerts par les géants de la technologie.

Les premières unités de recherche verront le jour dès le printemps 2020. D’après Nuria Oliver, chercheuse en intelligence artificielle et membre du conseil d’administration chez ELLIS : « c’est une excellente nouvelle. Si nous conservons nos chercheurs en intelligence artificielle sur le contient européen, cela signifie que plus d’innovations viendront directement de nos entreprises. Ce programme est un premier pas vers la réalisation de cette vision qui nous tient à cœur ».

ELLIS a vu le jour il y a un an, à Montréal, à l’occasion de la conférence annuelle NeurIPS. Les plus grands spécialistes de l’intelligence artificielle ont décidé de s’associer pour créer ce laboratoire dédié aux systèmes intelligents. Les chercheurs se sont clairement inspirés de l’initiative de l’Institut canadien de recherches avancées (ICRAF) dont l’objectif est d’investir dans l’écosystème canadien de l’IA. Le but d’un tel projet est d’attirer et surtout de retenir les meilleurs talents de l’IA en Europe, pour accroître l’impact de la recherche sur l’IA, des entreprises européennes.

Le chercheur doit-il enseigner ou chercher ?

Le constat est le suivant : les chercheurs européens sont ceux qui écrivent le plus d’articles de recherche sur l’intelligence artificielle. Plus que les chercheurs de toutes les autres régions du monde. Malheureusement, les travaux des européens sont moins reconnus que ceux des grandes entreprises américaines ou chinoises. Pour Nuria Oliver : « la réalité est que l’Europe est à la traîne en ce qui concerne l’impact de la recherche. Nous devons retenir les talents de l’IA ». En France nous pouvons observer que le nombre de startups spécialisées dans l’IA ne cesse d’augmenter. Elles sont 432 en 2019.

Le montant astronomique des salaires proposés par Facebook ou Google n’est pas le seul problème. En Europe, les chercheurs sont obligés d’enseigner chaque semaine au lieu « de faire avancer leurs recherches ». L’indépendance vis à vis des universités complique donc leur travail, et ce n’est pas le cas aux États-Unis. ELLIS estime que cela pourrait les empêcher de s’engager davantage avec l’industrie ou de créer leur propre entreprise. Les chercheurs présents dans les futures unités d’ELLIS auront la flexibilité de s’engager avec l’industrie ou de créer leur propre entreprise tout en restant des chercheurs actifs.