Tandis que les incendies n’ont cessé de se déclarer de part et d’autre de la planète ces derniers mois, une équipe de chercheurs de l’Université de Californie travaille sur un appareil capable de calculer la progression d’un feu de forêt, grâce à la récupération de données satellite. L’étude publiée avant-hier, et relayée par The Register, est prometteuse d’après les scientifiques et les ingénieurs ayant participé au projet.

Un appareil capable de prédire la progression d’un incendie

Le prototype est construit à partir d’un algorithme capable de prendre en compte plusieurs facteurs. Les conditions météorologiques, le moment de la journée, la pression de condensation, forment les indices à comparer avec les données satellites évaluant la structure des terrains. L’algorithme qui en découle est ensuite censé permettre d’évaluer la densité du feu à prévoir, et la quantité d’espace qui risque d’être engloutie.

Dès lors l’appareil est capable de classer les futurs incendies en trois catégories : faible, moyen, et important. L’objectif est de pouvoir rendre l’appareil plus précis à l’avenir. Néanmoins, les scientifiques espèrent qu’à terme ce type d’appareil puisse faciliter les interventions face aux incendies.

Pour tester l’efficacité du prototype, les scientifiques ont utilisé des données provenant de 1 168 incendies s’étant déployés au nord-ouest de l’Alaska, zone choisie pour ses immenses forêt d’épinettes, mais également pour sa situation environnementale, fragilisée par les prévisions de réchauffement climatiques.

Pour l’instant, les prévisions sur l’évolution des incendies rendues par l’appareil sont fiables à 50,4 %. Pour améliorer sa fiabilité, il va également falloir tenir compte de la variété des combustibles dispersés dans l’air.  D’autres paramètres plus complexes rentrent en ligne de compte selon Share R. Coffield, ayant participé au projet. Rien cependant qui ne puisse être évalué à l’avenir selon l’équipe de chercheurs.

Ce type d’appareil pourrait être utile pour anticiper correctement les feux de végétation à vertu écologique. Certains feux sont utiles au bon développement de la nature. Cette pratique est très utilisée dans le cas des forêts boréales au Canada par exemple, qui sont littéralement façonnées par le feu, mais également en Alaska. Or d’après les scientifiques à l’origine de cet algorithme, celui-ci pourrait s’avérer encore plus nécessaire à l’avenir. Et pour cause, si l’ont tient compte du réchauffement climatique déjà engagé dans cette région, les feux seraient à même de progresser selon eux. Les prévisions en question mettent en garde contre une émission trop importante de C02. La forêt boréale au Canada fait face à une augmentation des feux, or une forêt qui rajeunit trop vite crée un déséquilibre : les arbres connus pour être des puits de carbone, ne se régénèrent pas assez vite, ce qui provoque une trop grande concentration de CO2 dans les sols.

Prévoir la progression des feux

Crédit : Météo média

Espérons que ce type d’étude puisse conduire à une meilleure anticipation des feux. Malheureusement cela n’empêchera pas les incendies d’origine criminelle, qui constituent pourtant un véritable fléau pour la nature, et qui s’avèrent être tout aussi inquiétants que les prévisions sur le réchauffement climatique.