Jeudi soir, le fondateur et PDG d’Amazon, Jeff Bezos, l’homme le plus riche du monde, a écrit un article de blog accusant American Media Inc. de chantage et d’extorsion. Le mois dernier, le National Enquirer (appartenant à AMI) a publié un dossier détaillé sur la relation adultère entre Bezos et Lauren Sanchez, comprenant des textos intimes, qui ont finalement conduit au divorce très médiatisé du milliardaire. Après une défense mal assurée de la part du groupe AMI, un nouveau rebondissement fait prendre de l’ampleur à cette affaire. En effet, d’après ArsTechnica, De Becker, détective privé chargé de mener l’enquête par Bezos, pense qu’une entité du gouvernement américain ait pu mettre la main sur les fameux SMS.

Comment le National Enquirer a-t-il pu obtenir ces photos ?

Dans cette affaire, l’une des grandes interrogations est de savoir comment le National Enquirer a obtenu les photos. Une possibilité est que quelqu’un ait piraté le téléphone de Bezos, ou peut-être celui de sa maîtresse.

Mais dans une interview sur MSNBC , Manuel Roig-Franzia, journaliste au Washington Post, a évoqué une autre possibilité. En effet, le journaliste a pu échanger avec Gavin De Becker, légendaire consultant en sécurité travaillant pour Jeff Bezos. Il déclare “Gavin De Becker nous a dit qu’il ne croyait pas que le téléphone de Jeff Bezos avait été piraté “. Et d’ajouter “il pense qu’il est possible qu’une entité gouvernementale ait pu mettre la main sur ses SMS.”

Cependant, cela soulève plus de questions que de réponses. La question la plus évidente est de savoir quelle agence gouvernementale aurait pu obtenir ces informations. Les forces de l’ordre et les services de renseignement américains peuvent certes obtenir le contenu de messages texte, mais ils sont censés le faire uniquement sous contrôle judiciaire. Et il est difficile d’imaginer la raison pour laquelle un tribunal l’autoriserait.

 

De quelle “entité gouvernementale” s’agirait-il ?

Le terme “entité gouvernementale” étant vague, il peut également désigner un gouvernement étranger. Dans son article de jeudi, Bezos a affirmé que David Pecker, le propriétaire d’AMI, avait des liens avec le gouvernement saoudien et a également détaillé les rapports privilégiés entre le groupe de presse et le président des Etats-Unis.

Aussi, le gouvernement russe a toujours volé des communications privées aux opposants à Donald Trump, dont le président de la campagne électorale d’Hillary Clinton, John Podesta. Les deux gouvernements pourraient avoir des raisons de vouloir embarrasser Bezos qui ne cache pas son inimitié pour le chef de l’Etat américain.

Mais les gouvernements étrangers comme l’Arabie saoudite et la Russie ne sont pas censés avoir accès aux communications privées des Américains. S’ils y avaient accès, ce serait probablement par le biais d’un piratage informatique – bien que cela puisse être en infiltrant un fournisseur de télécommunications plutôt qu’en piratant directement le téléphone de Bezos ou de Sanchez.

Une affaire dont nous n’avons pas fini d’entendre parler

Il y a fort à parier que nous aurons encore des rebondissements dans ce démêlé. De Becker est l’un des enquêteurs les plus redoutés du secteur privé et Bezos affirme qu’il lui a octroyé un budget illimité pour déterminer comment le National Enquirer a violé sa vie privée.

De plus, le chantage et l’extorsion détaillés par Bezos intéresseront certainement les enquêteurs fédéraux et pourraient donc mettre AMI dans un grand embarras juridique. Par ailleurs, David Pecker a déjà démontré qu’il n’avait vraiment, mais vraiment pas envie que Bezos découvre comment ils ont découvert ses textos.

Et cela ne fait que conforter dans l’esprit de certains le fait que la Maison Blanche soit mêlée au scoop du National Enquirer