Intelligence Artificielle

Projet Maven : Google plie et abandonnera le partenariat en 2019

La firme a subi beaucoup de critiques publiques, mais aussi en interne

Lorsque le contrat scellé entre le Pentagone et Google expirera l’an prochain, l’entreprise américaine ne le renouvellera pas et mettra ainsi fin au projet Maven.

Juste avant que cette information ne soit rendue publique, plusieurs médias avaient révélé que la firme travaillait sur un ensemble de lignes directrices éthiques visant à encadrer les projets focalisés sur l’intelligence artificielle militaire. Un jour seulement après ce premier projet, Google a finalement révélé qu’il abandonnait sa collaboration controversée avec le Pentagone.

Pour rappel, le projet Maven consiste en un partenariat axé sur le développement de technologies exploitant l’intelligence artificielle pour la reconnaissance d’images par drone. Lorsque le contrat a été signé, la firme a fait le choix de ne pas en informer le public afin d’éviter une mauvaise presse. Une réaction qui n’a pas raté puisque, quand le projet a été rendu public par plusieurs employés, une pétition comportant quelque 3 000 signatures a été adressée au PDG Sundar Pichai. Finalement, une douzaine de salariés a démissionné pour ne pas contribuer à des outils qui pourraient être utilisés à des fins militaires, bien que Google ait défendu un usage « non offensif ». La firme avait expliqué : « La technologie est utilisée pour signaler les images à des fins d’examen humain et vise à sauver des vies et à éviter aux gens d’avoir à faire un travail très fastidieux ». Néanmoins, celle-ci tendait tout de même à fournir des technologies pouvant être directement exploitées pour participer à la guerre, une vision en opposition au slogan, que Google a rendu presque obsolète, « Don’t be evil ».

Gizmodo rapporte que Diane Greene, en charge de Google Cloud, a profité d’une réunion avec les employés pour annoncer que le partenariat allait prendre fin. Lorsque celui-ci se terminera en 2019, il ne sera donc pas renouvelé. Lorsque le projet a été révélé en mars, le média révélait que les collaborateurs étaient majoritairement outragés et que « Google a[vait] subi d’énormes pressions de la part de ses employés et des critiques de l’extérieur au sujet de son implication dans la guerre des drones ». Selon Diane Greene, les réactions défavorables de ces derniers ont principalement influencé Google à changer son fusil d’épaule.

La compagnie devra désormais plancher sur la rédaction de son cadre éthique, un travail qui s’annonce long et fastidieux tant il soulève de problématiques.

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