L’article est trop beau et lourd de sens pour ne pas être partagé sur Siècle Digital. Un billet d’humeur de Jon Russell, auteur sur TechCrunch, a envoyé une « crotte de nez » à la plateforme de messagerie WhatsApp. Le sujet du billet fait écho à la dernière information publiée par la messagerie hier (5 septembre) : « Créer pour les gens, et désormais, pour les entreprises ».

Alors quel est le « reproche » de Jon Russell à WhatsApp à travers cette dernière information ? Tout simplement l’évolution de la vision des fondateurs en matière de monétisation. En 2017, on est à présent pragmatique sur la question. Lorsqu’une plateforme sociale se lance, les publicités ne sont pas présentes, mais le deviennent très vite. Mais pour WhatsApp et ses fondateurs, l’absence de pubs était le credo même de leur départ de Yahoo!. Pour s’en convaincre il suffit de relire le billet « Pourquoi nous ne vendons pas de pub » publié le 18 juin 2012 :

Personne ne se réveille impatient de voir plus de publicités, personne ne se couche en pensant aux publicités qu’ils verront le lendemain. Nous savons que les gens se couchent heureux en pensant aux personnes avec qui ils ont discuté ce jour là (et déçus concernant les personnes avec qui ils n’ont pas eu l’occasion de discuter). Nous voulons que WhatsApp soit le produit qui vous maintient éveillé… et celui que vous voulez consulter au réveil. Personne ne se réveille d’une sieste et s’empresse d’aller voir des publicités. – WhatsApp, extrait de « Pourquoi nous ne vendons pas de pub » en 2012.

Hier, WhatsApp dénonçait ses concurrents comme Line ou WeChat de faire de la publicité, aujourd’hui la plateforme s’apprête à faire de même en testant une version « business » auprès des petites et grandes entreprises avec WhatsApp Business. Cette dernière apporte des fonctionnalités (encore inconnues) aux entreprises pour communiquer plus facilement auprès des utilisateurs. C’est marrant comme le business model ressemble à celui de Facebook, qui est justement le propriétaire de WhatsApp depuis 2014.

Alors si aucune publicité dans son format bannière n’est pour le moment mentionnée sur l’application, l’arrivée de la version « business » montre le retournement publicitaire de WhatsApp depuis 2012. Dans son billet du 18 juin 2012, la plateforme indiquait explicitement que : « […] lorsque la publicité est impliquée, l’utilisateur est le produit. ».

Les entreprises paieront sûrement pour vos données, tout comme sur Facebook, tandis que l’accès sera gratuit aux membres. Logique commerciale qui a fait ses preuves avec Facebook. Juste retour des choses pour le service qu’elles apportent ou désillusion d’entrepreneurs ?

Source : Jon Russell.