On la disait mourante, dépassée par les podcasts et le streaming musical. La radio prouve une nouvelle fois qu’elle sait muter. Selon la dernière étude EAR, National de Médiamétrie, qui porte sur la période janvier/mars 2026, la barre des 11,3 millions d’auditeurs sur les supports numériques a été franchie. En un an, la radio a recruté 877 000 fidèles supplémentaires sur ces canaux. Un chiffre qui ferait pâlir bon nombre de plateformes de contenu.

Le smartphone est le nouveau transistor

Le téléphone mobile écrase la concurrence avec 7,7 millions d’auditeurs tous les jours. Loin derrière, l’ordinateur et les enceintes à commande vocale attirent chacun 1,5 million de personnes. La télévision connectée ferme la marche avec environ un million d’adeptes.

Rien de surprenant dans cette hiérarchie. Le smartphone accompagne les trajets domicile/bureau, les pauses déjeuner, les sessions de sport. La radio se glisse naturellement, souvent en fond sonore. L’enceinte connectée gagne du terrain dans les cuisines et les salons, mais est un objet secondaire dans les usages quotidiens.

Un public plus large qu’on ne l’imagine

Le réflexe serait d’attribuer cette croissance aux seuls urbains hyperconnectés. Les chiffres de Médiamétrie racontent une autre histoire.

  • Les 35/59 ans restent le cœur battant de l’audience numérique, avec 25,4 % de pénétration dans cette tranche d’âge, en hausse de 1,7 point sur un an.
  • Les CSP+ suivent à 26,7 % (+1,6 point).
  • Les Franciliens à 23,5 % (+0,8 point).

La vraie surprise vient d’ailleurs. Les CSP- progressent de 1,5 point pour atteindre 18,2 %, et les 60 ans et plus gagnent 1,4 point à 16 %. La radio numérique sort de sa niche urbaine et aisée pour toucher des profils que les plateformes de streaming peinent encore à capter. Les seniors adoptent les enceintes vocales, les travailleurs modestes écoutent via leur forfait mobile. La démocratisation des usages numériques rattrape des publics que le secteur tech a trop longtemps ignorés.

Un quart du volume d’écoute total

L’auditeur numérique passe en moyenne 2h31 par jour devant son flux radio. Un temps supérieur aux 2h25 mesurés sur les supports traditionnels comme le poste FM ou l’autoradio. Le numérique ne se contente plus d’attirer du monde.

Ces 11,3 millions de personnes représentent désormais 27,1 % du volume total d’écoute radio en France, contre 24,5 % un an plus tôt. Sur l’ensemble des supports confondus, 38,4 millions de Français de 13 ans et plus allument leur radio tous les jours.

La radio a survécu à la télévision, à Internet, aux réseaux sociaux, au podcast.