Plusieurs économistes de la Deutsche Bank proposent une taxe télétravail. Cette taxe concernerait les personnes qui travaillent depuis leur domicile, et serait redistribuée aux personnes les plus démunies, qui elles, ne peuvent pas bénéficier du confort de travailler depuis chez elles, comme c’est le cas pour les agriculteurs ou les éducateurs.

Selon les chercheurs, le télétravail deviendra “une normalité bien après la fin de la pandémie”, et estiment que “les travailleurs à distance devraient payer un impôt pour ce privilège”. Après la crise de la Covid-19, ils affirment que plus de la moitié des personnes qui travaillent à domicile voudront conserver cette option deux ou trois jours par semaine : “Le télétravail offre des économies financières directes sur des dépenses comme le transport, le déjeuner, les vêtements et le nettoyage”, estime Luke Trempleman, chercheur et co-auteur du rapport.

Ce rapport a pour vocation de stimuler le débat public, et de proposer des idées innovantes pour redessiner un nouvel avenir pour les entreprises. Cette taxe ne concernerait pas les travailleurs indépendants ni les personnes aux plus faibles revenus. L’impôt serait payé par l’employeur lorsque la société ne fournit pas de bureau à l’employé. Toutefois, si l’employé choisissait de travailler depuis chez lui alors qu’il peut aller au bureau, il devrait lui-meme payer l’impôt.

Le rapport propose une taxe de 5% par journée de télétravail. Sur un salaire de 35 000 livres par an au Royaume-Uni, la cotisation serait de 6,73 livres par jour de télétravail. Les recherches de la Deutsche Bank ont démontré que cette taxe pourrait faire augmenter de 2 307 livres sterling le salaire annuel de trois millions de salariés britanniques les plus précaires. Les chercheurs estiment que la nouvelle ère dans laquelle le monde est entré suppose la création d’un nouveau système fiscal.

Le télétravail a pris une ascension au cours des deux dernières décennies avec l’avènement des technologies et d’Internet. Les conséquences du télétravail ne sont pas encore connues, mais il a augmenté de 173% entre 2005 et 2018 aux États-Unis. Le Gouvernement français a, quant à lui, rendu obligatoire le télétravail depuis le début du 2eme confinement, le 30 octobre 2020, pour des raisons sanitaires. Toutefois, cette pratique ne risque pas de se dissiper de sitôt, et risque de devenir partie intégrante de notre quotidien pendant quelques mois, voire quelques années. Il reste à savoir si les “Gaulois réfractaires au changement” accueilleraient chaleureusement l’idée d’une taxe télétravail. À titre de rappel, il y a quelques mois, une simple hausse de la taxe sur le carburant avait occasionné une onde de choc sans précédent en France.