Bigelow Aerospace a présenté à l’inspection sa maquette en acier du module spatial B330. Pendant deux semaines, une équipe de la NASA testera les capacités de ce prototype à supporter une mission dans l’espace lointain.

“Objectif Lune”, puis Mars

Le prototype de Bigelow est l’un des six projets de démonstration au sol faisant partie du programme NextSTEP-2 (programme de partenariat pour assurer les objectifs de futures missions). Il a déjà été retenu pour être utilisé comme module de mini-habitations avec équipage pour préparer des missions sur la Lune. Bigelow Aerospace espère que le prototype sera gardé pour encadrer des missions vers Mars.
Robert Bigelow, fondateur de Bigelow Aerospace, a quant à lui indiqué que la construction du B330 découle du projet de la NASA pour un habitat extensible, capable de conduire un équipage sur Mars. Mais à défaut de parler “d’espace lointain”, ce type de mission fait encore partie d’un avenir relativement « lointain » d’après certains experts.

Si la NASA a pour projet de conduire des missions sur Mars au cours de la décennie 2030, certains rapports comme celui du Conseil national de la recherche des États-Unis, précise qu’à moins de voir son budget augmenter, le programme risque de rester en l’état, et de ne jamais pouvoir envoyer des hommes sur Mars.

Il n’empêche que les huit astronautes de la NASA désignés pour tester la maquette, accompagnés d’une soixantaine d’ingénieurs situés dans le Nevada, auront pour mission de vérifier si la maquette pourra être investie par les futurs équipages envoyés sur la Lune.

Maquette B330 mission habitat

Crédit : Bigelow Aerospace

En Mars dernier, Jim Bridenstine, administrateur de la NASA, confirmait les objectifs de l’agence gouvernementale, à savoir « avancer l’atterrissage sur la Lune » pour avancer “l’atterrissage sur Mars”. La Lune constituant ce qu’il a qualifié de « banc d’essai » pour montrer que des humains peuvent « travailler et vivre sur un autre monde ». La NASA a pour intention de récupérer et exploiter plusieurs tonnes de glace logées au pôle sud de la Lune.

Les missions spatiales dépendent bien évidemment de la politique menée sur Terre. Le président Barack Obama avait abandonné le Programme Constellation, au profit de missions habitées vers des astéroïdes de Mars, préparant ainsi l’envoi d’un équipage international vers celle-ci. Donald Trump garde lui aussi pour objectif de préparer une mission sur Mars, mais il a décidé de conserver la Lune comme tir d’essai pour y arriver. Il y a quelques mois, il a même avancé le retour des missions d’essai de 4 ans (de 2028 à 2024). Ces décisions ne sont pas sans conséquence pour des projets aussi vastes et coûteux que les missions de la NASA, la dernière décision présidentielle mettant l’agence en position d’urgence. Difficile pourtant de ne pas se laisser séduire par une mission sur Mars… rendez-vous en 2030.