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La police de la Nouvelle-Orléans a utilisé un logiciel de prévision des crimes sans autorisation

un programme à la Minority Report.

Parfois la réalité dépasse la fiction. A la Nouvelle-Orléans la police s’est dotée secrètement d’un logiciel censé anticiper les crimes. Selon une enquête, publiée par le site The Verge, la société Palantir a fourni son programme de prévision de la criminalité à la police de la Nouvelle-Orléans sans autorisation pendant 5 ans.

En 2012, la ville fait face à une augmentation des crimes qui la place 6ème ville la plus meurtrière des États-Unis. Pour remédier à cette situation le maire de la ville, Mitch Landrieu passe un accord avec l’entreprise Palantir, spécialisée dans les big data. L’entreprise a fourni gratuitement un logiciel, nommé In-Q-Tel, permettant aux autorités d’identifier les victimes ou assaillants potentiels.

Palantir a ainsi eu accès aux nombreuses données des réseaux sociaux, mais également aux documents des forces de l’ordre, comme des adresses, des permis, des plaques d’immatriculation, des dossiers judiciaires, des informations sur des appels passés en prison, etc. Le logiciel recoupe ensuite l’ensemble des bases de données et détermine qui est le plus susceptible de commettre ou subir un acte criminel. Le système Palantir détermine des individus « à risque » en se basant sur les connexions entre chaque citoyen de la Nouvelle Orléans. Depuis le début de cette collaboration, le programme a identifié 3 900 personnes susceptibles d’être victimes ou auteurs de violence armée.

L’enquête a révélé qu’aucun citoyen de la Nouvelle-orléans, ni les élus du conseil municipal n’ont jamais été mis au courant. Grâce à un statut particulier de partenariat philanthropique entre la société et l’état de Louisiane, la ville n’a pas eu besoin de passer par un processus d’acquisition public. Ceci a permis à la Nouvelle-Orléans d’échapper à la controverse et au débat sur l’utilisation de ce genre de programme.

D’autres villes des États-Unis utilisent ce genre de programme prédictif, comme Chicago qui avait même vu sa criminalité baisser grâce à un programme similaire. À la Nouvelle-Orléans les résultats sont bien plus mitigés. Le logiciel a certes permis un grand nombre d’arrestations dans les premiers mois, mais la ville continue à enregistrer des records de criminalité.

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