Le bien-être au travail est un sujet porteur, voire à la mode. Les médias traitent de ce sujet régulièrement. Qu’ils soient radios, TV, journaux d’actualité, comme presse professionnelle et spécialisée. Mais dans la majorité des cas, les médias passent à côté de l’essentiel.

Ne faites pas cette erreur.

Effectivement, quand on parle ‘bien-être au travail’, les médias expliquent que « les entreprises se mobilisent pour que leurs salariés vivent mieux au travail. » Non ! Les entreprises ne sont pas des organisations à but non-lucratif. Investir pour améliorer l’expérience des employés ne se fait pas dans un objectif philanthropique ou sympathique.

Investir pour améliorer la vie des employés au travail répond à une impérieuse nécessité business.

strategies entreprise soigne son personnel

Exemple d’un article de presse qui passe complètement à côté de l’enjeu du bien-être en entreprise.

Le bien-être en entreprise, ce n’est pas organiser des cours de yoga. Ce n’est pas « faire une déco sympa. » Ce n’est pas avoir une « maîtresse de maison » au sein de l’entreprise. « Maîtresse de maison » (sic). J’aimerais que les médias qui emploient ce terme et les entreprises qui ont eu l’idée d’utiliser cet intitulé de poste aient bien en tête l’image à laquelle cela renvoie (coucou Laboratoire Boiron au JT de France 2 et Stootie). Non, le bien-être en entreprise, ce n’est pas « couper une pastèque pour que les employés mangent des fruits frais ».

Alors, qu’est-ce que le bien-être en entreprise ?

Le bien-être en entreprise, il est procuré certes par un environnement mais surtout par des relations saines. Le bien-être en entreprise ne peut être effectif que dans un climat de confiance. La position managériale est clé. Voici quelques éléments qui développent le bien-être en entreprise :
Considération : vous êtes accueillis par un programme d’embarquement (« onboarding » dans le jargon RH). Vous bénéficiez d’une évaluation et de feedback continus (à bas le stress de l’évaluation annuelle où vous vous demandez à quelle sauce vous allez finir par être mangé). On vous offre des formations régulièrement. Votre manager vous aide à voir la prochaine étape de votre parcours, en appuyant sur vos forces.
Partage du sens de l’action : définir collectivement et partager la raison d’être de l’entreprise, et de son service. Partager au sein de l’équipe et de l’organisation que « les gens n’achètent pas ce que vous faites, mais pourquoi vous le faites ». C’est le « Why » au sens du grand conférencier Simon Sinek.
Liberté de parole et de s’organiser : vous pouvez librement exprimer vos idées et dire à votre manager par exemple, quand vous n’êtes pas d’accord. Les décisions qui vous concernent sont prises en concertation avec vous. Idéalement, cela se déroule dans le cadre d’une gouvernance partagée. Pour en savoir plus sur ce concept de la gouvernance partagée, c’est ici : Qu’est-ce que la gouvernance partagée ?
Peu d’injonctions paradoxales. Exemple d’injonction paradoxale « Sois force de propositions pour tes clients, mais fais valider ton idée de ton N+1 à ton N+5 et par Michel de la compta. »
Possibilité de prendre des initiatives. Le manager se comporte comme un coach : non seulement il écoute vos idées mais en plus il vous challenge et vous soutient pour que vous réussissiez à les faire aboutir. Tout est fait pour favoriser l’intelligence collaborative. Le salon Viva Technology m’avait permis de me rendre compte de l’avancée en maturité des grands comptes, avec la mise en place de poste de « facilitateurs » en interne. Innovation et pratique RH : la révolution silencieuse est en marche. Pour favoriser la prise d’initiative, le manager peut aussi prendre soin de célébrer les échecs avec ses équipes. Droit à l’erreur : pourquoi célébrer les échecs ?
Automatisation des tâches répétitives et/ou sans valeur ajoutée : on ne vous demande pas de rendre compte de votre activité par quart de journée. La déclaration de vos frais se fait en deux clics et une photo. Vous déclarez vos jours de congés en ligne et ils sont validés dans la journée… Bref, votre entreprise fait appel à la crème de la RH Tech.
Pour résumer, le bien-être en entreprise, ce n’est pas avant tout de prendre des cours de gym dans les bureaux. Il s’agit pour les employés de pouvoir donner le meilleur d’eux-mêmes, d’exercer leur fonction de la manière la plus confortable possible, de pouvoir s’épanouir au travail. Et pour y arriver, cela ne peut pas venir d’une seule personne, comme un chief happiness officer. Cela doit venir de chacun(e) au sein de l’organisation, dont celui ou celle qui détient les cordons de la bourse pour donner un bon coup d’accélérateur. Comme évoqué plus haut, je crois davantage à des postes de facilitateurs en interne, comme le font Pôle Emploi ou BNP Paribas par exemple.

Quels sont les enjeux du bien-être en entreprise ?

Vous l’avez compris, l’enjeu du bien-être en entreprise n’est pas, en réalité, de « soigner ses salariés ». Cela en est une conséquence. L’enjeu du bien-être pour toute entreprise, c’est de gagner en créativité, en visibilité, en agilité dans un environnement complexe où la concurrence est internationale.
Pour bien faire, il faut avoir bien conscience de l’intérêt de la Symétrie des attentions portées aux clients, comme aux collaborateurs. Il peut être bon de commencer par modéliser l’expérience de vos collaborateurs : Améliorer la vie au travail : par où commencer ?
Les employés épanouis sont des employés fidèles. Le salaire n’est pas le premier critère de longévité en entreprise. C’est bien le bien-être. Il permet aussi de recruter de manière pérenne. La « marque employeur » est bien plus forte quand elle reflète la réalité de la culture d’entreprise. Chaque recrutement est alors plus rentable.
Les employés épanouis sont de formidables ambassadeurs de votre marque, vers toutes les parties prenantes. La communication sur les réseaux sociaux par les employés est autrement plus efficace que les bannières sur internet. Si vous souhaitez en savoir plus sur la manière de mettre en place un programme de ce qu’on appelle « employee advocacy », vous pourrez découvrir les 4 étapes que je propose ici : En savoir plus sur les salariés ambassadeurs (démarche d’Employee Advocacy)
Les employés épanouis sont des employés motivés. La transformation digitale fait rage. L’entreprise doit absolument miser sur les forces de son collectif pour se distinguer. Elle doit faire appel aux qualités et aux talents humains, forcément uniques, dont elle dispose. Pour qu’ils s’expriment pleinement, l’environnement et les relations humaines doivent être saines.

Cette tribune vous est proposée par :
Aude Sibuet, Culture Manager. Son expertise est à la croisée de trois domaines: change management, communication de mobilisation et social working. Elle est spécialisée dans l’accompagnement de la transformation culturelle des entreprises, notamment l’innovation managériale. Elle s’appuie sur la RH Tech.

A propos de l'auteur

Retrouvez ici les tribunes d’experts sélectionnés par Siècle Digital sur une multitude de sujets allant de l’analyse au guide des tendances tout en vulgarisant le contenu.

14 commentaires

  1. sandra Blanc Mesnel le

    Bonjour, bravo pour le fond de votre propos, le cours de gym ou telle autre action est une pierre à l’édifice, pour rendre plus humain l’entreprise.
    Ne nous trompons pas, ne retirons rien aux initiatives.
    C’est une prise de conscience et une « prise d’action » de chacun à 360 °, qui améliora l’intelligence collective pour le mieux vive en entreprise.
    La performance,l a productivité et la ligne verte attendue en bas de bilan resteront les fers de lance … Bel été

  2. Pingback: Bien-être au travail : l’erreur médiatique.

  3. On est d’accord que ça sert pas à grand chose si c’est juste des suggestions vagues d’activités au boulot pour gérer son stress. Un employeur n’a pas à me dire comment je dois être heureuse.

    J’ai découvert des apps pour tracker ça sinon :
    ourcompanyapp.com fait ça assez bien entre autres.

  4. Fabien Raynaud le

    Oui, bien sur, au final, la qualité de vie au travail a une finalité purement business et rentabilité ; on n’est pas au pays des Bisounours 🙂
    Mais c’est surtout une relation win-win entre le salarié et l’entreprise.

    Bel article en tout cas qui résume les différents points de satisfaction et d’implication du salarié.

    Cordialement,
    Fabien RAYNAUD
    http://www.FabienRaynaud.com

  5. Un article très intéressant qui va vraiment au fond des choses ! Effectivement l’amélioration du bien être au travail va bien au delà de l’ajout d’un babyfoot et la mise à disposition de cours de yoga (so mainstream). Le gros plus de cet article c’est de bien souligner l’objectif final qui n’est pas juste de soigner les salariés pour éviter un maximum de turn over mais bien de : « gagner en créativité, en visibilité, en agilité dans un environnement complexe où la concurrence est internationale. »

  6. « Le salaire n’est pas le premier critère de longévité en entreprise. C’est bien le bien-être.  »

    Les 2 doivent être concomitants. Or on assiste depuis quelques années dans beaucoup de secteurs matures à des politiques d’augmentation 0 quelque soit l’évaluation du collaborateur : très bon mais vieux ou à salaire élevé donc supposé captif ou très nul : même combat : absence d’augmentation.
    Le nul a juste plus peur de se faire virer. Et encore !
    Les effets de telles politiques salariales sont dévastateurs sur la productivité : les cadres « expérimentés » et non augmentés sachant habilement baisser leur productivité en restant dans les limites du « sanctionnable ».
    Autrement dit un cadre augmenté de qqs % pourrait en faire 10 ou 15% de plus mais à défaut d’augmentation, il en fait 10% à 15% de moins tout en passant sournoisement sous les radars.

    Les collaborateurs ne peuvent se contenter d’un job intéressant et d’une claque dans le dos du patron. C’est une vision idyllique voire naïve de la motivation.
    Quant au rôle du manager, que vous présentez comme une incarnation divine, il faut noter les dérives de la délégation vaste tarte à la crème permettant à certains managers de ne pas en faire lourd – hors de la rédaction de leur tableau de bord financier – et de ne jamais assister leur collaborateur sous prétexte d’autonomie de ce dernier.

  7. Vous avez raison. Ainsi on plante un arbre pour cacher la forêt… Dans cet article, la liste aurait pu être complétée par d’autres enjeux implicites : la santé et la sécurité au travail… la prochaine norme ISO45001 (début 2018) sur ce sujet devrait inspirer les entreprises… On peut imaginer à partir de cet inventaire des relations saines qui créent le climat de confiance, que l’on parviendra aussi à réunir ces bonnes pratiques dans un document consensuel international d’application volontaire qui stimulera encore davantage les initiatives pour une véritable qualité de vie au travail..

  8. témoignage sur le marabout sérieux et puissant DOSSOU
    Bonjour a tous et a toutes: je tiens a partagé avec une immense joie.J’ai fait la découverte d’un puissant marabout, très efficace et honnête. Il m’a aidé à sauver mon mariage, et à avoir du travail. Il a le pouvoir d’imposer le sentiment d’amour et le mariage avec celle ou celui que vous voulez ! La puissance mystique d’imposer le respect et la fidélité entre les époux… Succès et chance dans ce que vous entreprenez – attraction de clientèle – argent et travail – réussite dans vos examens – puissance sexuelle – réussite dans le sport et surtout dans le football.Je précise que ma consultation s’est déroulée par téléphone et sans aucun support visuel. Donc j’invite toutes les personnes, hommes et dames, vous qui avez des problèmes, et qui avez besoin d’aide de le contacter pour trouver solutions a vos problèmes spirituels. Merci encore d’avoir pris du temps et à très bientôt. Voici les contact de ce puissant maître marabout africain. Voici ces coordonnées: [email protected] ou Whatsapp au (00229)99006360

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  10. Les actions menées par les entreprises et les directions RH ont forcément pour finalité des intérêts business…jusque-là rien de nouveau sous le soleil.
    Plusieurs leviers sont activés et le bien-être est un axe que les RH investissent et peut prendre plusieurs aspects. A mon sens, les évènements sportifs, cours de cuisines, crèches, travail à distance etc. y contribuent. L’article cité est donc loin d’être à côté de la plaque. Et personnellement, je préfère un cours de gym à une validation de mes CP en temps réel. NB : Vous auriez pu mettre le lien de l’article en copie afin de nous faire notre propre idée sur la qualité du billet cité…
    Et il y a effectivement d’autres axes à développer : Le management/organisation (gouvernance partagée ou la considération que vous évoquez) mais aussi d’autres points que vous n’évoquez pas: la formation, la mobilité, etc.

  11. Le bien être au travail va au-delà du babyfoot, on est bien d’accord ! Que ce rôle soit diffusé dans toute l’entreprise au lieu d’être la responsabilité d’une seule personne, on est bien d’accord ! Que les principes de considération, de liberté d’organisation, de prise de risque, de droit à l’échec soient mis en oeuvre, oui oui et oui !

    Mais dire que le bien-être est une nécessité business, cela vient donc à dire que si le bien-être n’était pas rentable il n’y aurait aucun souci à asservir les salariés, à les exploiter du mieux qu’on peut jusqu’à ce qu’on en ait retiré le maximum d’utilité… Sérieusement ? L’impératif économique nous impose donc de mettre de côté notre humanité ?

  12. loin du seul aspect de la rémunération, la qualité de vie au travail est fonction de très nombreux facteurs, mais sur lesquels la gestion des ressources humaines peut agir : La qualité de vie au travail est basée sur toute une série de conditions de travail favorables : les conditions matérielles, horaires, locaux, statut, rémunération, avantages sociaux … sont nécessaires mais insuffisantes ; des composantes psychologiques telles que le sentiment d’accomplissement, la reconnaissance de ses supérieurs et de ses pairs, la progression individuelle, le contenu du travail adapté aux capacités et à la personnalité, la jouissance d’autonomie et de responsabilité au niveau de celle que l’on est capable d’assumer, sont tout aussi importantes.
    source :  » L’amélioration de la qualité de vie au travail  » : http://www.officiel-prevention.com/protections-collectives-organisation-ergonomie/psychologie-du-travail/detail_dossier_CHSCT.php?rub=38&ssrub=163&dossid=472

  13. Pingback: Nouvelles formes de travail, remettons les pendules

  14. Bonjour,
    « Sérieusement ? L’impératif économique nous impose donc de mettre de côté notre humanité ? »: je ne pense pas, bien au contraire! Il faut surtout que ceux qui croient, sous prétexte de rentabilité économique, que mettre en place ce « bien-être au travail » va leur coûter, font fausse route…

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