ChatGPT reste le chatbot le plus connu au monde. Mais être connu ne suffit pas à payer la facture et celle d’OpenAI commence à devenir vertigineuse.

Les compteurs ne montent pas assez vite

D’après les informations du Wall Street Journal publiées cette semaine, OpenAI n’a pas tenu ses propres prévisions de revenus sur les premiers mois de 2026. Les offres destinées aux développeurs et aux grands comptes semblent poser des problèmes. Anthropic avec Claude et Google avec Gemini grignotent du terrain mois après mois.

Le cap du milliard d’actifs hebdomadaires, qu’OpenAI visait pour fin 2025, n’a toujours pas été franchi. Quand une entreprise dépasse un objectif aussi symbolique, elle le crie généralement sur les toits. Quand elle ne dit rien, c’est que la situation peut être problématique.

Sarah Friar tire la sonnette d’alarme

Le passage le plus préoccupant du papier du WSJ concerne Sarah Friar, la directrice financière d’OpenAI. Elle aurait fait remonter une information. À ce rythme, l’entreprise risque de ne pas pouvoir tenir ses promesses d’infrastructure.

L’addition des contrats signés avec les fournisseurs de cloud, de puces et de data centers frôlerait les 600 milliards de dollars. Il s’agit d’un pari qui tenait debout tant que la croissance restait exponentielle.

OpenAI a certes sécurisé 122 milliards de dollars au cours de son dernier tour de table. Le WSJ estime que ce trésor de guerre pourrait fondre en trois ans si les revenus ne rattrapent pas les projections. De ce fait, OpenAI brûle du cash à une vitesse qui ne pardonne aucun faux pas commercial.

Wall Street prend un peu peur ?

  • Le Nasdaq a perdu 0,9 % mardi et les valeurs connectées à l’écosystème OpenAI ont été entachées.
  • Oracle a reculé de plus de 4 %.
  • CoreWeave, partenaire pour le calcul cloud, a perdu près de 6 %.
  • Nvidia, plus grosse capitalisation mondiale, a cédé 1,5 %.
  • AMD et Broadcom ont suivi dans le rouge.

Faut-il paniquer ? Patrick O’Hare, analyste chez Briefing.com, parle d’un prétexte pour encaisser des plus-values après des mois de hausse. Les cours avaient tellement grimpé sur la promesse IA que le moindre doute suffisait à déclencher des ventes. Thomas Martin, de Globalt Investments, tempère aussi. Personne à Wall Street ne va se lever un matin en décrétant que l’IA était une illusion.

OpenAI n’est pas à l’abri de la gravité économique. Lever des centaines de milliards, signer des contrats pharaoniques, promettre l’IA partout, tout cela ne fonctionne que si les clients suivent. Et pour l’instant, ils suivent un peu moins vite que prévu.