Pendant six ans, le deal était simple. Microsoft signait les chèques (plus de 13 milliards de dollars au compteur) et récupérait en échange le droit exclusif d’héberger et de revendre les modèles d’OpenAI via Azure. Un verrou commercial qui faisait de Redmond le passage obligé pour quiconque voulait du GPT en entreprise.

Mais, qu’est-ce qui change en réalité ?

Le communiqué commun, daté du 27 avril, parle de prochaine phase du partenariat. OpenAI a désormais le droit de distribuer ses modèles sur AWS, Google Cloud ou n’importe quelle infrastructure concurrente. Microsoft conserve une priorité de lancement, les nouveaux produits débarquent en premier sur Azure, sauf si Redmond ne peut pas ou ne veut pas fournir la puissance nécessaire.

Microsoft ne prélève plus sa part quand les modèles sont vendus à des tiers. Par contre, OpenAI continue de lui reverser une part de ses revenus jusqu’en 2030, autour de 20 % du chiffre d’affaires selon The Information, avec un plafond. La licence sur la propriété intellectuelle court jusqu’en 2032, mais elle n’est plus exclusive. Microsoft peut toujours intégrer GPT dans Word, Teams ou Copilot. Seulement, il ne peut plus empêcher ses rivaux de faire pareil.

Tweet de Sam

Wall Street a compris le message

Le titre Microsoft a dévoilé 3 % dans la foulée. Amazon et Alphabet ont grappillé quelques points. Les investisseurs voient bien ce qui se dessine, l’avantage concurrentiel que Redmond avait bâti sur son accès exclusif à OpenAI fond comme neige au soleil.

Et Amazon n’a pas attendu. Le géant du e-commerce a injecté 50 milliards dans le dernier tour de table d’OpenAI et verrouillé un engagement de 100 milliards en capacité de calcul, en plus d’un contrat de 38 milliards bouclé en novembre.

Jusqu’ici, Amazon avant l’occasion de proposer les modèles OpenAI sur sa plateforme Bedrock, mais il était contraint de rediriger les clients vers Azure pour un vrai accès. Cette contrainte disparaît.

Un rééquilibrage de pouvoir

Microsoft reste actionnaire d’OpenAI à hauteur de 27 % du capital. Il est le premier fournisseur cloud. Par contre, le rapport de force s’est inversé. En 2019, OpenAI avait besoin de Microsoft pour exister. En 2026, OpenAI dicte les nouvelles conditions.

La vitesse à laquelle une dépendance technologique peut se retourner est frappante. Microsoft a financé la croissance d’OpenAI, l’a hébergé, l’a distribué et se retrouve aujourd’hui à négocier pour garder un accès prioritaire à la technologie qu’il a contribué à faire naître.