La Federal Trade Commission a dévoilé le 27 avril l’ampleur des fraudes sur les réseaux sociaux aux États-Unis. 

2,1 milliards. Pas via des hackers en capuche dans un sous-sol, via des pubs sponsorisées, des faux profils et des messages privés bien tournés. Le rapport de la FTC met un chiffre brutal sur ce que beaucoup pressentaient. Les réseaux sociaux sont devenus le premier terrain de chasse des escrocs aux États-Unis, devant les SMS, les mails et les coups de téléphone.

Facebook au sommet du palmarès

Quand la FTC demande aux victimes par où c’est arrivé, trois sur dix pointent un réseau social. Facebook rafle la première place, WhatsApp la deuxième, Instagram la troisième. Les Américains se font davantage plumer sur Facebook qu’à travers tous les mails et SMS frauduleux du pays réunis.

Vingt ans ou soixante-dix, personne n’est à l’abri. La seule tranche d’âge qui échappe au piège des réseaux sociaux, ce sont les plus de 80 ans. Eux se font encore avoir par téléphone.

Où passent les 2,1 milliards ?

Les faux placements (1,1 milliard partis en fumée)

Il s’agit du filon le plus rentable. Plus de la moitié de la casse vient des arnaques à l’investissement. Le scénario tourne en boucle, une pub Instagram promet des rendements fous ou un groupe WhatsApp met en scène des dizaines de traders qui exhibent leurs gains, sauf qu’aucun d’eux n’existe.

D’autres escrocs prennent leur temps, échangent des semaines en jouant au conseiller attentionné. Le jour où la confiance est installée, ils orientent vers une plateforme fictive.

Le shopping piégé (40 % des cas déclarés)

Du mascara, des pièces auto, des chiots. Oui, des chiots. Les pubs sponsorisées ratissent large et le clic atterrit soit sur un site fantôme, soit sur une copie soignée d’une enseigne connue avec des remises trop belles pour être honnêtes. Le colis n’arrive jamais.

Les arnaques sentimentales

Six victimes sur dix dans cette catégorie se sont fait approcher sur un réseau social. L’escroc lit le profil, calibre son discours, fabrique une relation fictive sur plusieurs semaines. Puis il invente un drame (maladie, accident, blocage bancaire) qui nécessite un virement en urgence.

Quand la victime hésite à envoyer du cash, on lui propose gentiment d’investir ensemble sur une fausse plateforme.

Les escrocs font de la pub comme Zara

Voilà ce qui rend le phénomène aussi massif. Les escrocs utilisent les mêmes outils de ciblage que n’importe quel annonceur (tranche d’âge, localisation, habitudes d’achat). Lancer une arnaque sur Facebook coûte le prix d’une campagne classique.

La FTC rappelle trois réflexes, verrouillez vos profils, ignorez les conseils financiers d’un inconnu croisé en ligne et tapez le nom du vendeur suivi du mot arnaque avant de payer.