J’ai été un imbécile. Je leur ai donné de l’argent gratuit pour monter leur startup. La phrase a claqué mardi dans la salle d’audience. Elon Musk, costume noir, regard fixé sur les jurés, jouait la carte de l’homme trahi. En face, Sam Altman et Greg Brockman écoutaient sans broncher.
Le récit de Musk, une association détournée
OpenAI a été créé en 2015 comme un laboratoire à but non lucratif et ses cofondateurs l’ont transformé en machine à cash dès qu’ils ont pu. Musk dit avoir investi 38 millions de dollars sur la foi d’une promesse que la technologie resterait ouverte et servirait l’humanité. Il raconte avoir voulu construire l’opposé de Google, après une conversation avec Larry Page qui l’avait glacé. Le cofondateur de Google lui aurait dit que la disparition des humains ne poserait pas de problème tant que l’IA survivrait.
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Quand Microsoft a injecté 10 milliards en 2022 et valorisé OpenAI à 20 milliards, Musk dit avoir compris que le projet initial était mort. Ils essayaient vraiment de voler l’association caritative, a-t-il déclaré à la barre. Altman lui avait proposé des parts à l’époque. Musk a répondu que cela ressemblait à une arnaque montée en deux temps.
L’avocat d’OpenAI retourne les mails contre Musk
Le contre-interrogatoire, mené par William Savitt, a changé le ton. L’avocat a sorti des courriels où Musk lui-même suggérait de créer une structure commerciale. Il écrivait en 2016 qu’une C corp classique avec un nonprofit en parallèle serait peut-être préférable, puis en 2017 que rester en association avait peut-être été une erreur vu les progrès de DeepMind.
Musk s’est défendu en précisant qu’il acceptait l’idée d’une filiale commerciale à condition que l’association garde le contrôle.
Les échanges sont devenus tendus. Musk a accusé Savitt de formuler des questions piégées. La juge Yvonne Gonzalez Rogers a été contrainte d’intervenir. Elle avait déjà, la veille, ordonné aux deux camps de cesser leurs publications sur les réseaux sociaux pendant le procès.
La demande d’Elon Musk
Musk réclame l’annulation de la conversion en société commerciale, l’éviction d’Altman et Brockman ainsi que 130 milliards de dollars de dommages qu’il s’engage à reverser à la fondation OpenAI. Le jury, composé de neuf personnes, ne rendra qu’un avis consultatif. C’est la juge qui tranchera.
OpenAI vaut aujourd’hui près de mille milliards et prépare son entrée en Bourse. Si Musk obtient gain de cause, ce projet s’effondre.