Pendant près de six ans, Epic Games et Google ont incarné l’un des affrontements judiciaires les plus suivis de la tech américaine.

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Alors que les pratiques de Google autour d’Android et de son Play Store, jugées anticoncurrentielles par l’éditeur de Fortnite, étaient mises en cause, les deux groupes semblaient se diriger vers une sortie de crise à l’amiable.

Néanmoins, une révélation faite lors d’une audience à San Francisco est venue relancer les interrogations autour de cette réconciliation inattendue…

Un partenariat financier massif révélé en pleine audience

C’est devant le juge fédéral James Donato qu’a émergé l’existence d’un partenariat commercial d’ampleur entre Epic Games et Google. Selon les informations de The Verge, l’éditeur américain prévoit de dépenser près de 800 millions de dollars sur six ans pour des services fournis par Google.

Le magistrat aurait lui-même qualifié l’accord de ce partenariat « plutôt solide« , évoquant une lettre d’intention déjà consultée par la justice, même si l’accord n’est pas encore totalement finalisé.

Cette collaboration couvrirait le développement conjoint de produits, des engagements marketing communs, mais aussi des partenariats commerciaux croisés.

Tim Sweeney, fondateur et dirigeant d’Epic Games, a précisé que ces montants correspondaient à l’achat de prestations « spécifiques« , sans en détailler la nature exacte. Depuis ces révélations, les deux entreprises reconnaissent l’existence de cet accord, tout en restant très discrètes sur ses modalités concrètes…

Unreal Engine, Fortnite et le métavers au cœur des discussions

Selon Tim Sweeney, ce rapprochement stratégique serait étroitement lié à la vision du métavers qu’Epic Games développe depuis plusieurs années autour de Fortnite.

Google pourrait ainsi exploiter plus largement l’Unreal Engine, le moteur graphique phare de l’éditeur, pour ses propres gammes de produits. Le dirigeant évoque même une logique de développements séparés mais complémentaires, chacun restant maître de ses solutions.

Epic Games assure toutefois qu’aucun traitement de faveur ne sera accordé à l’Epic Games Store sur Android dans le cadre de cet accord, un point sensible compte tenu de l’historique du conflit.

La justice s’interroge sur l’impact du deal sur le règlement du litige

La révélation de cet accord n’a pas manqué de susciter le scepticisme du juge James Donato. En effet, celui-ci cherche désormais à comprendre si ce partenariat commercial a pu influencer la décision d’Epic Games de mettre fin au contentieux engagé contre Google.

Après des années de dénonciation des pratiques de Google, le changement de posture interroge, y compris sur les concessions éventuellement faites concernant l’ouverture de l’écosystème Android.

Face à ces doutes, Tim Sweeney assume sa position, y compris sur le réseau social X, et affirme ne voir aucun problème à payer Google pour encourager une concurrence plus dynamique qu’auparavant.

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