Lancer, pour 8,20 euros par mois pendant deux ans, une action collective à l’encontre d’Enedis, la filiale d’EDF chargée de l’installation des compteurs “Linky”. C’est l’objectif de six avocats d’un cabinet toulousain au travers d’un projet d’action collective ayant d’ores et déjà séduit plusieurs milliers de signataires. Lancée ce 24 février, l’initiative devait atteindre 10 000 signatures sous trente jours pour atteindre son but et déclencher une assignation contre Enedis. Elle en est à plus de 13 000, souligne aujourd’hui 01 Net (via AFP). Au travers de cette action collective naissante, les plaignants souhaitent faire valoir leur droit au refus de l’installation du compteur électrique de nouvelle génération, au cœur de nombreuses querelles depuis son introduction en 2015.

Ce dernier est notamment accusé par ses détracteurs de générer d’importants champs électromagnétiques (afin de permettre à EDF de suivre à distance et en direct la consommation électrique des foyers) et de collecter des données personnelles sans respecter le RGPD. Si la justice estime à ce jour que les ondes émises par le compteurs Linky ne présentent aucun risque sanitaire probant, la CNIL a pour sa part récemment mis en demeure l’EDF et Engy pour non respect de la vie privée, avec un délai de trois mois pour rentrer dans les rangs.

Une class action à la française qui pourrait gêner l’EDF

L’idée c’est de rendre la justice accessible, permettre à des citoyens qui ne pourraient pas rivaliser en justice avec Enedis d’avoir les moyens de se faire entendre“, a notamment expliqué Maître Christophe Léguevaques, cité par 01Net. 

Pour mener à bien leur action, les six avocats toulousains ont opté pour la compilation d’actions individuelles, regroupées par l’intermédiaire de la plateforme en ligne Mysmartcab, justement spécialisée dans les actions collectives. Fort du succès de cette initiative, l’assignation contre Enedis devrait être déposée en juin ou juillet devant les tribunaux judiciaires de Toulouse, Bordeaux, Tours, Foix ou encore Grenoble. Une liste qui pourrait d’ailleurs s’allonger avec le temps, puisqu’une nouvelle action sera déposée devant tout autre tribunal “dès qu’il y aura 100 demandeurs localement“, a précisé le groupe d’avocats.