Aux États-Unis, une nouvelle étude démontre que l’installation de filtres à air dans les salles de classe améliore significativement les résultats des élèves. Un constat qui n’est pas si surprenant, compte tenu des rapports de plus en plus nombreux sur les effets néfastes de la pollution de l’air sur le cerveau humain.

Une fuite de gaz désastreuse

En octobre 2015, une énorme fuite s’est produite dans des installations d’extraction de gaz à Aliso Canyon, dans le nord de Los Angeles. Les répercussions sur la santé des habitants ont été dramatiques. De nombreuses personnes, et particulièrement des enfants, ont ainsi ressenti des maux de tête, des nausées et ont souffert de saignements de nez sévères.

La Southern California Gaz Company, entreprise responsable de ce désastre, ont alors pris l’initiative d’installer des filtres à air dans les salles d’écoles voisines pour minimiser l’impact de la fuite sur les plus jeunes. Petit bémol, les appareils ont été amenés dans les classes trois mois après le début de la fuite : le méthane étant plus léger que l’air, le gaz n’était déjà plus présent à ce moment.

Malgré cela, l’installation de ces filtres à air a eu un impact inattendu sur les performances des élèves, comme le révèle une étude de Michael Gilraine de l’université de New York. En effet, Los Angeles est une ville où le trafic routier est particulièrement élevé, et dont la pollution se fait ressentir jusque dans les endroits fermés.

Une nette augmentation des notes

Lors des examens, les notes ont ainsi augmenté de 0,20 écart-type en mathématiques et de 0,18 écart-type en anglais. À titre de comparaison, cela équivaut à réduire par trois le nombre d’élèves dans une classe. Ces chiffres ont été comparés avec d’autres écoles dépourvues de filtres à air, et aucune amélioration des notes n’y a été relevée.

Le chercheur s’est également assuré qu’aucune mesure pouvant influencer sur ce résultat n’avait été prise. Par ailleurs, cette augmentation a perduré sur l’année suivante. Il semblerait donc qu’un air plus sain soit propice à un meilleur apprentissage des enfants.

Bénéfique sur le long terme

Il faut toutefois rester prudent pour le moment, car l’étude n’a pas encore eu l’approbation de la communauté scientifique. Elle confirme néanmoins plusieurs études récentes qui démontrent l’impact destructeurs de la pollution sur le cerveau, et particulièrement sur celui des enfants. Alors si l’investissement dans un filtre à air est conséquent (environ 1000 dollars), il semblerait que ses effets soient bénéfiques sur le long terme.

En France, il existe des campagnes de sensibilisation à la pollution de l’air intérieur dans les écoles, et plusieurs mesures ont été prises pour tenter de rendre l’air dans les écoles le plus sain possible.