Uber a bâti son empire sans détenir un seul véhicule. Il n’y a pas de flotte, d’actifs lourds, juste une plateforme et des chauffeurs indépendants qui apportaient leur propre voiture. Vingt ans de croissance fondée sur cette légèreté, mais ce modèle semble toucher à sa fin. Selon les calculs du Financial Times, compilés à partir d’estimations d’analystes et de sources proches des dossiers, Uber s’est engagé à mobiliser plus de 10 milliards de dollars pour basculer dans l’ère des voitures sans conducteur.

2,5 milliards iront en prises de participation dans les sociétés partenaires du secteur autonome. Les 7,5 milliards restants serviront à acheter des flottes entières de robotaxis sur plusieurs années. Cela se fera sous réserve que ces partenaires respectent les conditions.

Un écosystème de partenaires qui s’élargit

La stratégie est celle d’une plateforme d’agrégation appliquée aux véhicules autonomes. Plus d’une douzaine de partenaires sont déjà dans la boucle.

  • Lucid et Nuro pour le véhicule présenté au CES de Las Vegas en janvier.
  • Waymo avec qui Uber qui se lance dans la livraison agit déjà des courses sans conducteur à Austin et Atlanta.
  • Baidu, Rivian.
  • Nvidia, dont le modèle de conduite autonome open source Alpamayo représente le socle technique de l’ambition commune de déployer 100 000 robotaxis à partir de 2027.

En ce qui concerne les lancements, nous aurons au moins 15 villes en 2026 et 28 d’ici 2028. San Francisco arrive en tête de liste, c’est le terrain de jeu de Waymo.

Uber supprime l’intermédiaire coûteux

En Bourse, la sanction est brutale, car le titre a fondu d’un quart depuis l’automne dernier. Walter Piecyk, analyste chez LightShed Partners annonce que les avancées de Waymo et de Tesla ont changé la perception que le marché avait de la durabilité du modèle VTC classique. Quand vos concurrents suppriment le coût du chauffeur, le poste le plus lourd dans une course, votre position tarifaire devient intenable à terme.

La question des conducteurs humains reste délicate. Andrew Macdonald, directeur des opérations d’Uber, propose une plateforme hybride, avec des robotaxis pour les centres-villes denses et des chauffeurs humains pour les zones non couvertes.

Lors de son arrivée, Uber a clairement bouleversé l’économie des taxis traditionnels. Aujourd’hui, l’entreprise veut supprimer cet intermédiaire coûteux. Finalement, la société est en train de faire à son réseau ce qu’elle a fait aux taxis il y a vingt ans.