Si l’Europe veut s’imposer comme un terrain stratégique pour les géants de l’intelligence artificielle, entre les ambitions politiques, les talents et les infrastructures technologiques, les capitales rivalisent pour attirer les laboratoires de recherche les plus avancés.

Comme le rapporte Reuters, OpenAI a décidé de transformer son bureau londonien en son plus grand centre de recherche en dehors des États-Unis. Une décision qui repositionne Londres comme un pôle central de l’IA en Europe… et qui laisse Paris en retrait dans cette compétition.

Londres devient le pilier européen d’OpenAI

Présent au Royaume-Uni depuis 2023, OpenAI avait ouvert dans la capitale britannique son tout premier bureau international. Jusqu’ici, les équipes locales travaillaient principalement sur les logiciels et les infrastructures nécessaires au développement et au déploiement de ses modèles.

Avec cette montée en puissance, le bureau londonien change de dimension. Dans des propos rapportés par Wired, selon Mark Chen, directeur de la recherche chez OpenAI, le Royaume-Uni réunit des talents de « classe mondiale«  et des institutions scientifiques et universitaires de premier plan. Un écosystème jugé particulièrement favorable pour développer des systèmes d’intelligence artificielle sûrs et performants.

Si l’entreprise n’a pas précisé le nombre de recrutements ni le montant des investissements engagés, elle compte actuellement plus de 30 collaborateurs à Londres. Les nouvelles équipes devraient notamment contribuer à des projets liés à la sécurité, à la fiabilité et à l’évaluation des performances des modèles, tout en participant au développement de produits comme Codex ou GPT-5.2.

Du côté du gouvernement britannique, l’annonce est accueillie comme un signal fort. La secrétaire d’État à la Science et à la Technologie, Liz Kendall, y voit un vote de confiance envers la recherche nationale et une confirmation du positionnement du pays comme terre d’innovation en IA.

Une concurrence déjà bien installée

Cette expansion n’a rien d’anodin, et place OpenAI en confrontation directe avec Google DeepMind, historiquement implanté à Londres et dirigé par Demis Hassabis. Le laboratoire de Google collabore étroitement avec des institutions comme l’Université d’Oxford et l’Université de Cambridge, et emploie environ 2 000 personnes.

D’autres acteurs avancent également leurs pions, avec Microsoft dispose d’un hub IA dans la capitale britannique, tandis qu’Anthropic y a installé une équipe depuis 2023. La bataille pour attirer les chercheurs, les doctorants et les ingénieurs spécialisés dans les modèles de fondation s’annonce donc particulièrement intense.

Au delà des recrutements immédiats, certains analystes évoquent un effet d’entraînement, où les talents formés ou attirés par ces laboratoires pourraient, à terme, créer leurs propres structures au Royaume-Uni. Une dynamique qui renforcerait durablement l’écosystème local…