Depuis le déploiement des AI Overviews dans Google, les relations entre le moteur de recherche et les éditeurs de contenus se tendent.
En effet, ces aperçus générés par intelligence artificielle, placés en tête des résultats, synthétisent des informations issues de multiples sites, sans forcément inciter les internautes à cliquer vers les sources originales.
📩 L’actu digitale évolue vite. Restez à jour.
Recevez la newsletter quotidienne, gratuitement.
En vous inscrivant vous acceptez notre politique de protection des données personnelles.
Au Royaume-Uni, cette évolution attire désormais l’attention du régulateur de la concurrence, qui souhaite rééquilibrer le rapport de force entre Google et les producteurs de contenus…
La CMA demande un droit de refus explicite pour les éditeurs
Comme l’a révélé Google dans une annonce, l’Autorité britannique de la concurrence et des marchés (CMA) a officiellement demandé à l’entreprise d’intégrer une fonctionnalité permettant aux éditeurs d’exclure leurs contenus des AI Overviews, mais aussi de l’entraînement des modèles d’IA.
Pour Sarah Cardell, directrice générale de la CMA, ces propositions doivent offrir davantage de choix et de contrôle aux acteurs économiques et aux consommateurs britanniques. Elles visent aussi à garantir un traitement plus équilibré des éditeurs, notamment des organisations de presse, quant à l’utilisation de leurs contenus dans les fonctionnalités d’IA de Google.
AI Overviews, trafic en baisse et tensions économiques…
Du côté des éditeurs, les inquiétudes sont bien réelles, et plusieurs groupes de médias constatent une baisse du trafic en provenance de Google depuis l’apparition des résumés IA.
Certains acteurs estiment toutefois que les propositions de la CMA restent insuffisantes. Tim Cowen, cofondateur du Movement for an Open Web, considère que permettre un simple retrait des AI Overviews ne compensera pas les pertes déjà subies.
Selon lui, le problème dépasse la visibilité et touche à la captation de valeur, appelant à des mesures plus contraignantes comme la séparation de certaines activités ou même une compensation financière.
Google reconnaît les limites des outils actuels
De son côté, Google affirme « explorer » des mises à jour pour offrir aux sites des contrôles plus précis sur l’utilisation de leurs contenus dans les fonctionnalités basées sur l’IA.
Aujourd’hui, les options existent, mais restent imparfaites. Par exemple, le paramètre Google-Extended bloque l’entraînement des modèles, mais pas l’apparition dans les AI Overviews. Les balises « nosnippet » ou « max-snippet« , quant à elles, s’appliquent aussi aux résultats classiques, ce qui pénalise la visibilité globale d’un site web.
Pour le moment, aucune feuille de route ni calendrier n’a été communiqué, et cette prudence illustre la complexité de trouver un équilibre entre l’innovation dans la recherche, une expérience utilisateur cohérente et le respect des intérêts économiques des producteurs de contenus.
Pour les prochains mois, la consultation lancée par la CMA devrait désormais structurer le débat et peser sur les prochaines évolutions de Google au Royaume-Uni…