L’outil existait depuis fin 2024 en version test. YouTube l’avait réservé aux profils jugés à risque à savoir les créateurs influents, les élus, les artistes. Bref, les personnes dont le visage circule déjà partout. Les deepfakes ne ciblent plus seulement les célébrités depuis longtemps. Des adolescents fabriquent de faux contenus sexuels de leurs camarades de classe. Trois mineures américaines ont porté plainte contre xAI parce que Grok avait permis de générer des images pédocriminelles les représentant.
Sora d’OpenAI a inondé les réseaux de fausses vidéos de Martin Luther King avant d’être suspendu. ByteDance et son outil Seedance 2 ont fait circuler un faux combat entre Brad Pitt et Tom Cruise que des millions d’internautes ont gobé. Bref, il était temps que la protection ne soit plus un privilège de star.
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Comment fonctionne la détection ?
Vous allez dans YouTube Studio, section Détection de contenus puis Ressemblance. Vous fournissez une pièce d’identité et un selfie vidéo. YouTube prend votre empreinte faciale et scanne les vidéos pour chercher du contenu modifié ou généré par IA qui vous ressemble.
Si le système repère quelque chose, vous recevez une alerte.
- Vous regardez la vidéo en question.
- Soit vous la laissez en ligne, soit vous demandez son retrait. YouTube ne supprime pas automatiquement.
- La demande passe par une équipe de modération qui vérifie si le contenu enfreint les règles de la plateforme.
- Les parodies et les satires restent autorisées, ce qui est plutôt rassurant pour la liberté d’expression.
Jack Malon, porte-parole de YouTube, annonce qu’aucun critère vis-à-vis la taille de la chaîne n’impacte l’accès. Un compte à zéro abonné bénéficie de la même protection qu’un créateur à dix millions de followers. Si vous changez d’avis, vous pouvez quitter le programme et demander la suppression de vos données faciales.
Une protection utile, mais incomplète
L’outil ne détecte que la ressemblance faciale. Les clonages de voix, qui explosent depuis deux ans, passent sous le radar. Quelqu’un peut fabriquer une vidéo avec votre timbre vocal sans que le système réagisse. Quand on voit la multiplication des arnaques par voix clonée, cette lacune pèse.
Le déploiement sera progressif dans les semaines qui viennent pour tous les utilisateurs de plus de 18 ans.
Sur le fond, cette initiative arrive avec un train de retard. Les deepfakes d’anonymes existent depuis au moins trois ans. Tant que le problème touchait des lycéens ou des inconnus, YouTube protégeait uniquement les profils à forte audience. Il aura fallu que le phénomène devienne ingérable pour que Google étende la protection à tout le monde.
