Le processus avait démarré en mars. Il vient de se conclure. Alexandre Yazdi détient désormais la majorité du capital de DC Company, le groupe fondé par Geoffrey La Rocca qui avait lui-même racheté Konbini début 2024. Le périmètre couvre toutes les marques. Konbini, évidemment, Le Gorafi, le site satirique que tout le monde cite sans toujours comprendre que les articles sont faux, Herstory, anciennement Les Eclaireuses et C’est Qui La Boss. L’ensemble met en avant 8 milliards de vues en 2025.
Geoffrey La Rocca reste dans le cockpit pour continuer à développer les marques. Ce n’est pas un simple rachat avec le remplacement de la direction. Yazdi veut construire ce qu’il appelle le leader indépendant des médias digitaux en France puis aux États-Unis.
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Qui est Alexandre Yazdi au juste ?
Il dirige Voodoo, une licorne française du jeu mobile fondée en 2013. L’entreprise a obtenu 778 millions de dollars de CA en 2025. Le marché mondial du jeu mobile dépasse les 100 milliards de dollars par an selon Newzoo, et Voodoo s’est taillé une belle part.
Sauf que Yazdi ne s’est pas arrêté aux jeux. En 2024, Voodoo a racheté BeReal en dépensant 500 millions d’euros. 40 millions d’utilisateurs par mois, le Japon est le premier marché avec 8 millions, la France deuxième avec 5,5 millions. Un rachat que beaucoup avaient trouvé cher et qui pose encore question.
Yazdi a aussi lancé Wizz, un réseau social conçu pour les adolescents. Il y a trois millions d’utilisateurs tous les jours sur la planète, dont un tiers aux États-Unis.
Du gaming aux médias, la logique reste la même
Ce rachat personnel de Konbini et du Gorafi s’inscrit dans une trajectoire assez lisible. Yazdi collectionne les jeunes audiences comme les jeux mobiles, BeReal, Wizz et maintenant des médias qui parlent culture, actu et humour à une génération qui ne regarde plus la télé.
Les marques médias qui savent produire des formats assez courts et viraux ont une valeur que le marché sous-estime. Konbini maîtrise ce terrain depuis des années. Le Gorafi a une notoriété qui dépasse largement sa taille réelle. Réunis sous un même toit avec les ressources d’un entrepreneur qui pèse 778 millions de chiffre d’affaires, ces titres pourraient changer de dimension. Toutefois, il reste un défi, car monétiser des vues sur les réseaux sociaux, même 8 milliards, représente un exercice où beaucoup se cassent les dents.