Le régulateur britannique des communications Ofcom a ouvert une enquête contre Telegram. Des éléments laissent craindre que du matériel pédopornographique circule sur la messagerie sans que la plateforme n’ait pleinement rempli ses obligations légales pour y remédier. C’est l’un des dossiers les plus sensibles qu’Ofcom ait ouvert depuis l’entrée en vigueur de l’Online Safety Act.
Qu’est-ce qui a déclenché l’enquête ?
C’est le Centre canadien de protection de l’enfance qui a transmis à Ofcom des éléments concernant la présence et le partage présumés de contenus illégaux sur Telegram. Le régulateur a ensuite conduit sa propre évaluation avant de franchir le seuil d’une procédure formelle. Ce double niveau de vérification (alerte externe puis examen interne) est la procédure standard sous l’Online Safety Act.
L’enquête vise précisément à établir si Telegram a respecté ou respecte actuellement ses obligations en tant que service d’utilisateur à utilisateur qui opère sur le territoire britannique. La loi impose à ces plateformes d’évaluer et de réduire activement le risque que des contenus illégaux soient produits ou partagés via leurs services. Si Ofcom conclut à un manquement, la potentielle amende est susceptible d’atteindre 10% du CA mondial de l’entreprise. Il s’agit d’un plafond théorique qui donnerait le vertige à n’importe quelle direction juridique.
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L’ouverture d’une enquête ne présuppose pas de culpabilité. Le processus prévoit une collecte de preuves puis une décision provisoire à laquelle Telegram est en mesure de répondre avant une sanction finale. Plusieurs mois seront nécessaires.
La réponse offensive de Telegram
Dans un communiqué, l’entreprise dément catégoriquement les accusations. La plateforme affirme même avoir quasiment éliminé la diffusion publique de contenus pédocriminels depuis 2018. Cela a été possible grâce à des algorithmes de détection et à des partenariats avec des ONG. La plateforme avait d’ailleurs rejoint l’Internet Watch Foundation en décembre 2024 en s’engageant à déployer des outils de détection par empreinte numérique sur ses espaces publics.
La veille, son fondateur Pavel Durov avait publiquement soutenu Elon Musk, convoqué à Paris dans le cadre d’une enquête judiciaire française. Durov est mis en examen en France pour des griefs similaires.
La tension est au cœur du dossier
Ofcom a signalé qu’il n’entendait pas, pour l’heure, imposer un scan côté client. L’enquête sur Telegram s’ajoute à celle déjà ouverte contre X en janvier 2026, alors que le chatbot Grok avait été utilisé pour générer des images sexuellement explicites d’enfants.
La même semaine, le régulateur a également lancé des investigations contre Teen Chat et Chat Avenue pour des risques de manipulation de mineurs. Depuis l’entrée en vigueur de l’Online Safety Act en 2025, Ofcom a ouvert près d’une centaine de procédures et infligé une douzaine d’amendes.
