Après TikTok et X, c’est au tour de Snapchat d’entrer dans le viseur de Bruxelles. Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission chargée de la souveraineté technologique, a été directe. Elle estime que Snapchat a oublié la loi par rapport aux services numériques. Cette dernière impose des normes de sécurité pour les utilisateurs. La plateforme, qui compte 94,5 millions d’utilisateurs actifs en Europe, fait face à une enquête qui pourrait déboucher sur des sanctions significatives.
4 griefs qui sont liés aux enfants
L’enquête porte sur des violations potentielles du DSA, le règlement européen sur les services numériques entré en vigueur en 2023.
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1/ La vérification d’âge
Pour créer un compte Snapchat, il suffit de déclarer soi-même avoir plus de 13 ans. La Commission juge cette auto-déclaration insuffisante pour empêcher des enfants d’accéder à la plateforme et plus encore pour protéger ceux qui sont déjà inscrits.
2/ L’algorithme prend les ados pour des adultes
Le système de recommandation de Snapchat identifie fréquemment des utilisateurs de 13 à 17 ans comme des adultes. Ils sont alors dirigés vers des contenus inappropriés.
3/ La fonction pour trouver des amis
Par défaut, les profils d’enfants et d’adolescents sont automatiquement recommandés à d’autres utilisateurs via ce système. La Commission estime que cela expose directement les mineurs à des adultes qui cherchent à les exploiter sexuellement ou à les recruter pour des activités criminelles.
4/ Les dark patterns
Bruxelles accuse Snapchat d’utiliser des design trompeurs qui poussent les utilisateurs et même les mineurs à faire des choix qu’ils n’auraient pas faits autrement, notamment en matière de paramètres de confidentialité.
Cette enquête formelle n’est pas tombée du ciel
En octobre 2025, la Commission avait déjà demandé à Snapchat, YouTube, Apple et Google de fournir des informations sur leurs systèmes de vérification d’âge et leurs mesures contre la vente de produits illicites aux mineurs (drogues, armes, cigarettes électroniques, alcool). La décision du 26 mars marque le passage à la vitesse supérieure. Bruxelles a analysé les évaluations des risques de la plateforme de 2023 à 2025 et estime avoir suffisamment d’éléments pour ouvrir une procédure formelle.
Elle intervient également trois jours après le verdict historique d’un jury américain contre Meta au Nouveau-Mexique et dans un contexte où l’UE étudie activement une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, sur le modèle australien.
Que va-t-il se passer maintenant ?
L’enquête pourrait conduire la Commission à imposer des mesures préventives à Snapchat en attendant une décision finale. La plateforme affirme avoir pleinement coopéré avec Bruxelles et travaillé en toute transparence et bonne foi pour respecter le DSA.
Si la violation est confirmée, les amendes prévues par le DSA peuvent atteindre 6% du chiffre d’affaires mondial de l’entreprise. Pour Snap Inc., ce n’est clairement pas un détail budgétaire.
