Elon Musk avait traité les magistrats français d’attardés mentaux sur X en février. Il avait aussi traité la procureure de Paris de marionnette d’ONG de gauche. Il a enfin ignoré sa convocation du 20 avril. La justice française a choisi de répondre autrement. C’est à dire en ouvrant une information judiciaire.
Deux députés font trembler une plateforme de 500 millions d’utilisateurs
Début 2025, le député Éric Bothorel dépose une plainte. Arthur Delaporte, socialiste, fait de même. X laisserait circuler des contenus qui violent la loi française. La gendarmerie nationale prend le relais par son unité cyber. L’enquête préliminaire avance. En février 2026, des enquêteurs débarquent dans les bureaux parisiens de X. La plateforme crie à l’abus, dénonce une opération politique. Musk insulte les magistrats depuis son propre réseau.
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Le parquet de Paris a franchi une marche supplémentaire. Un juge d’instruction récupère le dossier. Ses pouvoirs vont bien au-delà de ceux d’un procureur. Commissions rogatoires vers l’étranger, saisie de serveurs, auditions sous serment…
Algorithme, deepfakes et Grok dans le viseur
On a trois pistes, très différentes les unes des autres. L’algorithme de X aurait été utilisé pour peser sur le débat politique français. Non pas en publiant des contenus, mais en décidant lesquels remontent et lesquels restent invisibles.
Deuxième front, la plateforme aurait laissé circuler des images pédopornographiques en connaissance de cause. La question posée au juge sera celle de la complicité. Savoir, ne rien faire, et continuer à héberger.
Et puis il y a Grok. L’IA de xAI, directement branchée sur X, a permis de fabriquer des deepfakes sexuels à partir de photos de vraies personnes sans leur accord. La Ligue des droits de l’Homme a porté plainte pour un autre motif. Grok avait produit un texte affirmant que les chambres à gaz d’Auschwitz servaient à la désinfection.
Washington refuse de coopérer
En avril, le département américain de la Justice a fait savoir aux autorités françaises qu’il ne les aiderait pas dans cette enquête. Selon les informations de CNBC, Washington accuse Paris d’interférer avec une entreprise américaine. Pavel Durov, fondateur de Telegram et lui-même passé par les mains de la justice française, a soutenu publiquement Musk en dénonçant une instrumentalisation des enquêtes pénales.
Éric Bothorel ne se laisse pas impressionner. Si les plateformes ne veulent pas appliquer nos règles sur notre territoire, elles courent le risque d’être sanctionnées, puis bannies, a-t-il déclaré. Arthur Delaporte salue le travail des enquêteurs dans un dossier qu’il qualifie à la fois de complexe et sensible.
Le parquet de Paris mène parallèlement des investigations sur Telegram, TikTok et Kick. La France se positionne comme le pays occidental le plus offensif face aux géants du numérique.