En 2024, six adultes britanniques sur dix se montraient actifs sur les plateformes (publications, réactions, échanges). Cette année, moins d’un sur deux franchit encore ce seuil. La chute de douze points en un an ne s’explique pas par un désintérêt pour le numérique, car 89% des adultes restent présents sur au moins une plateforme.

Le passé numérique fait peur

Presque la moitié des sondés, 49%, soit six points de plus qu’en 2024 redoutent qu’une ancienne publication resurgisse un jour au mauvais moment et fasse des dégâts. Cela peut être le cas pour une candidature, une réputation professionnelle ou encore dans une relation. Cette anxiété se traduit par une forme d’autocensure préventive. Mieux vaut ne rien poster que risquer d’être jugé sur quelque chose qu’on a écrit il y a dix ans.

Ce repli vers les formats éphémères suit la même logique. Les stories Instagram, qui disparaissent en 24 heures, gagnent du terrain par rapport aux publications permanentes. Le contenu qui ne laisse pas de trace échappe finalement au problème.

Les algorithmes ont achevé la conversion

Les plateformes ont changé l’expérience de fond en comble. TikTok et les Reels ont imposé un modèle où le flux vidéo se consomme. Il ne laisse clairement pas de place aux commentaires. Les algorithmes de recommandation, calibrés pour booster le temps passé à regarder, ont progressivement étouffé les dynamiques d’échange au profit d’une logique de spectacle. Vous vous connectez pour regarder !

67% des utilisateurs britanniques estiment passer trop de temps sur leurs appareils. 64% s’inquiètent des effets sur leur santé mentale. Plus révélateur encore, la conviction que les avantages d’être en ligne surpassent les inconvénients a glissé de 72% à 59% en un an.

De nouveaux usages comblent le vide

L’Ofcom constate une adoption rapide des outils d’IA conversationnelle, plus de la moitié des adultes britanniques auraient utilisé des outils comme ChatGPT, pour des tâches créatives, mais aussi, dans certains cas, pour avoir de la compagnie.

En parallèle, une partie des utilisateurs a utilisé cette présence en ligne pour améliorer leurs finances avec la vente sur Vinted, de petites structures sont montées via Facebook et il y a même du personal branding. L’usage se professionnalise.

Les réseaux sociaux sont toujours au rendez-vous, mais c’est la façon de les exploiter qui a finalement changé. Pour le côté social, les utilisateurs préfèrent les IA et pour le côté professionnel, il reste sur les réseaux sociaux.