Après avoir passé plus d’une décennie chez Meta, le chercheur français Yann Le Cun ouvre un nouveau chapitre de sa carrière. Sa jeune entreprise AMI Labs vient d’annoncer une levée de fonds spectaculaire dépassant le milliard de dollars, une somme rarement atteinte lors d’un premier tour de table.
Avec cette opération, la start-up spécialisée dans l’IA veut accélérer le développement d’une nouvelle génération de systèmes capables de comprendre le monde physique. Une ambition qui se distingue nettement des modèles de langage actuellement dominants dans l’écosystème de l’IA…
Une levée de fonds record pour AMI Labs
Fondée récemment par Yann Le Cun et plusieurs co-fondateurs, AMI Labs a réussi à lever 1,03 milliard de dollars, soit environ 890 millions d’euros. Cette série A valorise l’entreprise à environ 3,5 milliards de dollars, un niveau particulièrement élevé pour une société encore jeune.
📩 L’actu digitale évolue vite. Restez à jour.
Recevez la newsletter quotidienne, gratuitement.
En vous inscrivant vous acceptez notre politique de protection des données personnelles.
Le tour de table a réuni une vingtaine d’investisseurs issus de la tech mondiale et de l’écosystème français. Parmi eux, on retrouve notamment Nvidia, Toyota ou Samsung, mais aussi des personnalités influentes comme Jeff Bezos et Eric Schmidt. Des acteurs français comme les familles Muliez et Dassault, le groupe Artémis ou encore Xavier Niel ont également participé à l’opération.
L’entreprise, dont le siège est installé à Paris, dispose déjà de bureaux à New York, Montréal et Singapour. La direction opérationnelle est assurée par Alexandre Lebrun, ancien dirigeant de la start-up française Nabla, tandis que Yann Le Cun occupe la fonction de président non exécutif.
Avec humour, le chercheur a commenté la valorisation de la société en évoquant sur France Inter une licorne « dépassant les trois milliards« , qu’il a comparée à un « tricératops« .
L’ambition de créer des « modèles du monde »
L’objectif d’AMI Labs est de développer des « world models« , des systèmes d’IA capables de comprendre et de prédire le fonctionnement du monde réel.
Contrairement à ChatGPT ou Gemini, ces systèmes doivent apprendre à analyser des processus physiques complexes et à anticiper leurs évolutions. L’idée est donc de reproduire une forme de raisonnement proche de celle des humains ou des animaux.
Concrètement, une telle IA pourrait par exemple anticiper la chute d’un objet, simuler virtuellement des expériences scientifiques ou encore modéliser le fonctionnement d’une centrale électrique, d’un moteur d’avion ou d’un organe humain.
A terme, cette approche ouvre des perspectives dans plusieurs secteurs industriels, notamment la robotique, la conduite autonome ou la recherche médicale…
Une feuille de route tournée vers la recherche
Dans un premier temps, l’entreprise prévoit de concentrer ses efforts sur la recherche et le développement. Les applications industrielles pourraient émerger dès l’an prochain, avec des discussions engagées avec différents partenaires.
Selon Yann Le Cun, l’ambition à trois à cinq ans est de créer des systèmes d’IA polyvalents, capables d’être utilisés dans de nombreux domaines qui nécessitent des machines intelligentes…
