Après avoir multiplié les annonces autour de ses modèles génératifs et de ses infrastructures, le groupe de Mark Zuckerberg expérimente désormais un assistant dédié au shopping. Si, pour le moment, le test reste limité à une poignée d’utilisateurs américains, la direction est claire : faire de l’IA un levier commercial.
Disponible uniquement sur ordinateur via l’interface web de Meta AI, cette fonctionnalité marque une nouvelle étape dans la stratégie du groupe, qui cherche à transformer la recherche conversationnelle en opportunité de monétisation…
Un carrousel de produits directement dans Meta AI
Comme le rapporte un article de Bloomberg, certains utilisateurs basés aux États-Unis ont vu apparaître un bouton « Shopping research » dans la barre de requête de Meta AI.
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Lorsqu’ils demandent des suggestions de produits, le chatbot affiche un carrousel qui comprend des images, les prix, des informations sur la marque ainsi qu’un lien vers le site e-commerce correspondant.
Toutefois, l’outil ne se contente pas de proposer des références de produits, mais ajoute également une courte explication justifiant chaque recommandation, souvent sous forme de points synthétiques.
Si l’IA dispose d’informations contextuelles sur l’utilisateur, comme son genre ou sa localisation, les résultats peuvent être personnalisés. D’après les informations de Bloomberg, une testeuse new-yorkaise s’est ainsi vu proposer une sélection de doudounes pour femmes pour une livraison rapide à New-York.
En revanche, l’achat ne s’effectue pas directement dans l’interface de Meta AI, et l’utilisateur est redirigé vers le site marchand via un lien externe. Une approche prudente, qui évite pour l’instant à Meta de devenir un intermédiaire transactionnel à part entière.
Meta se place face à OpenAI, Google et Perplexity
Avec cette expérimentation, Meta rejoint un mouvement déjà amorcé par ses concurrents. OpenAI a lancé un assistant shopping pour ChatGPT, de son côté, Google veut intégrer un nouveau protocole, tandis que Perplexity a déjà annoncé un partenariat avec PayPal.
Pour l’avenir, la logique montre qu’à mesure que les usages de recherche et de découverte migrent vers les interfaces conversationnelles, la recommandation de produits devient un terrain stratégique. Et avec des investissements massifs dans l’IA, notamment dans le cas de Meta, cela nécessite à terme de réelles perspectives de revenus.
Si le projet est encore en phase de test, la question de la neutralité des recommandations interroge également. A l’avenir, l’intégration de contenus sponsorisés dans les produits pourrait fragiliser la confiance des utilisateurs si les réponses sont perçues comme orientées.
Ce test illustre en tout cas une évolution profonde qui montre que l’IA ne se limite plus à répondre, mais commence à prescrire. Et dans l’économie numérique, la prescription vaut de l’or…
